Par Nicolas Houguet - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 19h05 - 0 commentaire(s)
Mais le réalisateur va plus loin, questionnant le récit même, l'histoire qu'il conte, le cinéma et ses ficelles. Il incorpore à ce film des pubs satiriques, des fausses pistes, une fin multiple. Dans cet opus résolument protéiforme, il mélange des séquences oniriques, des ivresses en dessin animés. Il exploite avec délice les possibilités offertes par son art, jouant sans cesse avec les techniques de narration à sa disposition (on n'est pas si loin des expérimentations de Blueberry). Il accentue ainsi et met en lumière le désenchantement devenu si absolu à notre époque, qu'il en est devenu indécelable. La médiocrité du héros de 99 francs est devenue symbole de réussite. Son cynisme est devenue symbole d'élégance et de désinvolture. Ses valeurs dérisoires sont devenues omniprésentes, de véritables évidences. Ces « fils de pub » sont comme un cancer qui a dénaturé toutes les illusions et tous les idéaux. Kounen souligne également l'irréalité de nos existences, désespérément vidées de leur sens. Aussi peu recommandable qu'il soit, Octave devient notre double à nous, exagéré, déformé, décomplexé. Au fond, c'est encore la perception d'un monde, forcément factice et déserté par l'idéal et le sacré, que Kounen vient questionner, encore et toujours, comme il le fait depuis Dobermann.



Ainsi le voir aborder un sujet plus classique avec Coco Chanel & Igor Stravinsky et leur histoire d'amour a quelque chose de surprenant et d'intrigant. Mais en approchant l'univers de ces grands créateurs, il s'en imprégnera sans doute pour en livrer son interprétation bien à lui, grâce à sa mise en scène, toujours audacieuse, déroutante, sans rien d'académique. Il aborde chaque univers et le faisant sien, avec une passion et un enthousiasme communicatifs.
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