Dans les années 60-70, certains acteurs avaient acquis un tel statut que le public allait voir les films pour eux, juste pour le plaisir de leur compagnie. On allait alors voir le dernier Delon et assurément le dernier Belmondo. Avec le retour de l'acteur dans
Un Homme et son chien de Francis Huster (sortie le 14 Janvier), c'est avec un grand plaisir que l'on retrouvera ce cher « Bebel », ainsi qu'on le surnomme affectueusement, comme l'incarnation d'une star qui a donné ses plus belles heures au cinéma populaire français, autant qu'il entra dans la légende aux débuts de la Nouvelle Vague avec Jean Luc Godard.
Débuts audacieuxLe fils du grand sculpteur Sicilien Paul Belmondo est né en 1933 et a eu la vocation précoce. Pas très bon élève et volontiers bagarreur, il choisit la comédie pour canaliser son énergie. A seize ans, il auditionne pour la première fois à la Comédie Française sans succès. Il entre au conservatoire où il sera reconnu par tous ses condisciples pour son humour, son audace et son énergie. Il y est en même temps que Marielle, Rochefort ou Noiret. Ses héros se nomment Jules Berry, Louis Jouvet ou Pierre Brasseur (avec qui il connaîtra de folles soirées).

Sportif et athlétique, il impose une manière détendue de jouer et un physique d'un nouveau genre. Malgré son succès, ses maîtres ont bien du mal à lui accorder la considération qu'il mérite. Avec Belmondo, c'est la jeunesse et l'enthousiasme qui s'invitent dans un théâtre alors assez peu habitué à être ainsi rudoyé. En dépit de l'accueil chaleureux du public à ses premières représentations (où il est même porté en triomphe par ses camarades), ceux qui sont chargés de le juger ne le gratifient qu'assez peu et ne goûte pas à la fougue du jeune homme. Cette séparation entre « les professionnels de la profession » et les spectateurs sera assez fréquente dans la carrière de
Jean-Paul Belmondo.