Par Nicolas Houguet - publié le 09 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 09 octobre 2009 à 16h10 - 0 commentaire(s)
Une belle maturité, fruit d'une filmographie éclectique

Mais il a toujours été un grand homme de théâtre et ces succès l'ont parfois tenu éloigné des planches. C'est là qu'il se ressource en 1987 avec Kean et Cyrano de Bergerac mis en scène par Robert Hossein. C'est grâce à cela qu'on ne le réduira jamais à son extravagance, à la jubilation avec laquelle il enchaîne d'énergiques policiers (le Solitaire) ou des comédies à grand succès (de les Mariés de l'an 2 de Jean-Paul Rappeneau en 1971 à Joyeuses Pâques de Georges Lautner en 1984). La filmographie foisonnante de Belmondo englobe tous les genres et lui confère bien des facettes.



Celui qui capturera le mieux l'acteur dans sa complexité, sa générosité et sa sensibilité sera Claude Lelouch, en particulier avec Itinéraire d'un enfant gâté en 1988. Il tient à cette époque à cesser d'enchaîner des rôles qui se ressemblent, ne pas se laisser enfermer dans son image. Et dans la peau d'un homme parti se réfugier en Afrique pour rompre avec son ancienne vie de chef d'entreprise, Belmondo trouve un rôle sur mesure. En incarnant ce vieux lion baroudeur qui va dispenser sa sagesse au jeune Richard Anconina, il est brillant de maturité dans son jeu. Il fait preuve d'une sobriété presque inattendue. C'est assez beau, quand un artiste remet les pendules à l'heure.

Et sa carrière change de nouveau de nature. Il devient un monstre sacré, revisitant Simenon dans L'Inconnu dans la maison en 1992 ou Guitry dans Désiré. Dans la variation de Lelouch autour du chef d'oeuvre de Hugo, Les Misérables, il incarne un double rôle (Henri Fortin dans la période Contemporaine et Jean Valjean dans le passé). C'est là un autre très beau moment en 1995. Il renoue une dernière fois avec la veine qui l'a rendue populaire dans 1 chance sur 2 de Patrice Leconte avec son compère Alain Delon et la belle Vanessa Paradis.



Mais il est devenu bien plus que cela, une sorte de monument à qui on doit respect et hommage (dans Les Cents et une Nuits de Agnès Varda ou Les Acteurs de Bertrand Blier). Il se prêtera à l'audace du Peut être de Cédric Klapisch en 1999 où il joue le fils de Romain Duris. On pouvait voir là un beau passage de flambeau entre deux générations, du même ordre que celui dont on était témoins dans Un Singe en hiver.

Victime d'une grave attaque, il a disparu des écrans pendant 8 ans. C'est un vrai plaisir de le retrouver dans le film de Francis Huster (remake d'un beau film de Vittorio De Sica, Umberto D.), comme le grand symbole qu'il est devenu, riche de tous les cinémas qu'il a traversés, un vieil homme magnifique et un acteur qui est entré dans le coeur de million de spectateurs, populaire au sens le plus noble.
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