L’acteur comique le plus talentueux de sa génération au faciès élastique et au corps dégingandé est de retour... Incapable de mentir pendant 24h puis affublé de pouvoirs divins le temps d’une légère remise en question mais aussi schizophrène amoureux, détective pour animaux disparus, amnésique transi et star planétaire malgré lui,
Jim Carrey est passé par tous les stades ou presque... Dans les comédies, de
Ace Ventura à
Yes Man, il prouve régulièrement que rien ne vaut un bon
Jim Carrey pour se dérider les zygomatiques. A l’inverse, lorsque le comédien se fait véritable acteur dramatique dans des oeuvres aussi puissantes que
Man on the Moon,
The Truman Show ou
Eternal Sunshine of the spotless mind, nous assistons à chaque fois à l’éclosion de la crysalide. Comme si derrière tous ses personnages comiques, après la mue, se cachait une multitude de personnages profondément tristes, délaissés et émouvants.
Jim Carrey est autant l’homme mystère que double face, celui qui cache ou ne révèle qu’à moitié...
En 1994,
Jim Carrey a 33 ans et a déjà tourné dans un bon nombre de séries et téléfilms et s’il fait son apparition dans quelques comédies, rien ne laissait penser qu’il deviendrait une grande star de cinéma avec
Ace Ventura, détective chiens et chats, premier du nom. Pourtant, depuis 1979, le jeune James Carrey fait partie intégrante du Yuk Yuk Club de Toronto où il fait état d’un grand talent de comique fortement soutenu par ses parents. Il y conçoit plusieurs spectacles de stand-up fortement remarqués par la presse locale et largement plébiscités par le public canadien. Cependant, il décide de déménager sur la côte ouest américaine afin de tenter sa chance au Comedy Store de Los Angeles, fondé en 1972, où plusieurs comiques américains ont démarré (
Tim Allen, Richard Pryor, David Letterman puis
Whoopi Goldberg, Eddie Murphy, Jerry Seinfeld, Dave Chapelle...). C’est ici qu’au début des années 1980,
Jim Carrey est découvert par le comédien Rodney Dangerfield, très connu aux USA pour ses one-man shows, qui décide de le faire passer en première partie de ses représentations à travers le territoire américain. Cette occasion lui permet de relativiser l’échec rencontré aux auditions du Saturday Night Live de la chaîne NBC qui recrutait de nouvelles têtes pour la saison 1980-1981 (il en sera l’invité principal en Mai 1996 !).
Dès lors il entreprend également de flirter avec le cinéma et la télévision mais il faudra attendre sa collaboration avec Keenen Wayans (
Scary Movie) et sa mini série à sketches
In Living Color pour que le jeune canadien se fasse remarquer par le grand public... On se souvient notamment de ses apparitions en Vera De Milo, l’hilarante « femme » bodybuildée pleine de stéroïdes aux talents de contorsionniste (
extrait vidéo). Mais c’est en 1994, après avoir enchaîné les séries Z, les petits rôles et les collaborations vaines que
Jim Carrey explose littéralement dans le rôle d’Ace Ventura, un détective pas comme les autres... Le film, vomi par les critiques du monde entier, rencontre cependant un énorme succès avec une rafle totale de 107 Millions $ pour une mise de départ quasi insignifiante : 15 Millions $ ! Le film sort en salles quelques mois avant l’arrêt de la série
In Living Color et offre à Jim sa première nomination pour une cérémonie : celle de pire nouvelle star de cinéma aux Razzie Awards. Il perd face à Anna Nicole Smith pour son rôle dans