Neverland de
Marc Forster lui permet de nouveau de portraiturer un doux dingue et un rêveur invétéré, James M. Barrie auteur de
Peter Pan. On retrouve le plaisir qu'il éprouve à interpréter des originaux, de ceux dont l'excentricité et la liberté fait tache dans le conformisme ambiant. Il approche chaque rôle en étant résolument hors normes. Cela n'a jamais été plus vrai que pour le personnage désarticulé et totalement déjanté qu'il crée pour
Pirates des Caraïbes : La malédiction du Black Pearl de Gore Verbinski en 2003. Il impose un Jack Sparrow destroy et rock n roll (inspiré de Keith Richards et de Steven Tyler, chanteur d'Aerosmith) dans l'univers lisse de Disney (les producteurs étant d'abord assez circonspects devant la proposition de l'acteur). Son audace constante est à noter. Il a plusieurs fois craint de se faire virer, par exemple de
Sleepy Hollow, tant sa vision semblait risquée dans le cadre d'une grosse production. Pourtant, dans les trois volets de
Pirates des Caraïbes, c'est précisément son irrévérence qui donne son âme aux films (même si on a le sentiment que l'effet de surprise s'estompe un peu après la grande réussite du premier volet).
Johnny Depp tutoie les sommets du box-office.
Cette fortune qu'il a gagnée dans les blockbusters permet à l'acteur de s'attacher à des projets qui lui tiennent à coeur. Ainsi, il est question qu'il relance le projet donquichottesque de
Terry Gilliam. Il l'a récemment retrouvé dans
l'Imaginarium du Docteur Parnassus, poursuivant le film après la mort de
Heath Ledger, dont le personnage prend les traits de plusieurs acteurs (
Johnny Depp,
Jude Law,
Colin Farrell). Il rencontre enfin
Michael Mann pour incarner John Dillinger, braqueur légendaire et ennemi public n°1 du FBI dans les années 30. Il y partage l'affiche avec Marion Cotillard et
Christian Bale (l'agent à sa poursuite).
Johnny Depp est avant tout l'un de ces rares acteurs qui font oeuvre, s'immergent dans des rôles qui ressemblent à leur culture, ont une inspiration unique et personnelle (comme
Marlon Brando ou
Benicio Del Toro). Au fil de sa carrière, avec une intransigeance et une opiniâtreté remarquables, il a refusé de devenir un produit et a imposé sa patte, parfois d'une manière assez risquée, dans des rôles qu'il s'est approprié et a rendus marquants. Il est très demandé, notamment pour
Sin City 2. Il est assurément l'une des plus grandes stars actuelles.
Mais c'est encore sa loyauté, son intégrité et sa fidélité à certains univers qui s'affirmeront à l'avenir. Il retrouvera Tim Burton pour sa version de
Alice au pays des merveilles , se consacrera à In the hand of Dante, où il incarnera Nick Tosches, grand écrivain qu'il admire dans l'adaptation de l'une de ses plus belles oeuvres. Suivre
Johnny Depp, c'est finalement s'initier à sa culture et à ses références (Jack Kerouac, Iggy Pop, Bob Dylan, Hunter S. Thompson William Sarroyan, J.D Salinger, Buster Keaton...). Sa compagnie est donc plutôt enrichissante...