Par Nicolas Houguet - publié le 14 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 14 octobre 2009 à 15h05 - 0 commentaire(s)
En 2001, dans Un crime au paradis de Jean Becker, une autre tendance s'affirme : son goût pour la métamorphose. En femme revêche et peu amène dont Jacques Villeret est soupçonné d'avoir voulu se débarrasser, elle apparaît négligée et renfrognée, loin de l'image truculente que l'on a d'elle. Elle confirme cela en acceptant le rôle de Cette femme-là de Guillaume Nicloux en 2003. On sentait déjà cette mélancolie dans les personnages qu'elle a abordés auparavant. Le réalisateur lui donne à jouer une femme-flic morose et endeuillée. Son jeu est exemplaire de retenue et de sobriété. Elle reprendra ce rôle dans La clef du même réalisateur, rencontrant un contre-emploi qu'elle rend estomaquant de justesse.











Josiane Balasko continue de se joindre à des univers plus burlesques comme dans Madame Edouard. Elle retrouve également Christian Clavier pour former le couple trouble de l'Auberge rouge de Gérard Krawczzyk (pour qui elle a déjà tourné dans La vie est à nous !) Mais c'est avant tout le temps de belles compositions. On la voit incarner Marguerite Duras dans J'ai vu tuer Ben Barka en 2005. On l'a vue surtout prendre les traits de Françoise Dolto à la télévision en 2008. Sans se détacher de son ancienne tribu qu'elle retrouve dans les Bronzés 3, amis pour la vie, sans refuser de se joindre à la chorale prestigieuse de Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes, elle compose de nouveau, avec Le Hérisson, un personnage complexe. Enlaidie, elle prête ses traits à une concierge secrètement lettrée et érudite. On l'attend très prochainement dans le film de Bruno Podalydès, Bancs Publics (Versailles rives droite).























Avec ce dernier rôle en date de femme ordinaire et cultivée, Josiane Balasko invite de nouveau à se défier des apparences et à dépasser le premier degré. Elle permet de découvrir l'intimité surprenante d'un être que l'on aurait réduit à sa seule fonction. C'est au fond ce qu'elle a fait tout au long de sa carrière : aller dans le sens de l'évidence en se faisant exubérante et parfois outrée, pour mieux la contredire dans des contre-emplois et des rôles de composition qui furent de belles surprises. Au fil de sa carrière comme réalisatrice, elle a également battu en brèche quelques idées reçues et a imposé sa sensibilité généreuse. Photos tapis rouge












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