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Judi Dench : Evolution Du Personnage De M [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 17 octobre 2008 à 04h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h42 - 0 commentaire(s)
Judi Dench est une actrice qui s'est d'abord fait une grande réputation au théâtre, dans un registre largement classique et shakespearien qui lui valut d'être anoblie par la Reine pour sa contribution à cet art et d'être honorée du titre de Dame. Voir une comédienne si distinguée à l'affiche d'un James Bond est relativement inattendu. Or, depuis Goldeneye jusqu'à Quantum of Solace (sortie le 31 Octobre), elle en constitue un atout incontournable et s'est imposé dans le personnage de M.



Avant de la présenter plus en détails dans ce rôle important dans la mythologie bondienne, un petit retour sur sa carrière s'impose, ne serait-ce que pour mesurer la respectabilité immense de la dame. D'abord indécise sur sa vocation, elle se décida pour le théâtre. Elle suivit des cours d'art dramatiques où elle s'illustra brillamment. Elle débuta dans Hamlet, en Ophélie. Mais elle recueillit des critiques hostiles moquant sa jeunesse et son inexpérience. En 1958, elle fit ses débuts à Broadway avec autrement plus de succès, endossant par exemple le rôle tourmenté de Lady Macbeth alors qu'elle n'avait que 23 ans. Mais les portes du cinéma lui restaient obstinément closes. Elle connut donc ses premières reconnaissances au théâtre toujours shakespearienne, dans Le Songe d'une nuit d'été ou Romeo et Juliette. Elle oeuvra donc au rayonnement du théâtre britannique pendant de nombreuses années (au sein de l'auguste Royal Shakespeare compagny).

Le cinéma la remarqua très tard, elle n'obtint son premier rôle d'importance qu'en 1986 dans Chambre avec vue de James Ivory, dans une ambiance belle et classique, qui rappelle le raffinement des romans de Henry James. Logiquement, elle fut employée dans de grandes adaptations shakespeariennes au cinéma (notamment dans les très belles transpositions qu'en fit Kenneth Branagh sur grand écran, dans Henri V et Hamlet). Mais Dench s'émancipait malicieusement de son étiquette en incarnant de fort belle manière la Reine Elizabeth dans Shakespeare in love. Elle continua de tourner régulièrement, un rôle de grand mère d'apparence farouche mais profondément anticonformiste dans le Chocolat, le rôle d'une vieille professeur qui s'entiche de Cate Blanchett et l'entraîne dans l'amitié malsaine de Chronique d'un Scandale. Tout en assumant son statut prestigieux, notamment dans La Dame de Windsor (où elle était cette fois la Reine Victoria), Judi s'accordait au cinéma quelques fantaisies.



C'est ainsi qu'on la retrouva à l'affiche de Goldeneye de Martin Campbell en 1995, participant au renouveau de James Bond, ici sous de nouveaux traits, ceux de Pierce Brosnan. La franchise prenait alors un nouvel élan, dans une débauche réjouissante d'effets, de cascades, de combats et de conquêtes féminines, le tout mené avec tenue par l'un des acteurs les plus convaincants dans le rôle principal, s'inscrivant naturellement dans la lignée de Sean Connery. Malgré l'énormité des moyens et la surenchère ambiante qui frôlait parfois délicieusement le ridicule (mais un bon James Bond se doit d'être un plaisir légèrement coupable), Dench avait un rôle sobre et dense, presque austère et en rupture avec la nonchalance de 007.


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