OCEAN'S ELEVEN: Classe
Julia Roberts, après avoir reçu son oscar pour Erin Brockovich, avait affirmé vouloir absolument renouveler l'expérience avec Steven Soderbergh. Celui-ci la prit au mot lorsqu'il se mit en tête de réaliser un film de pur divertissement en 2001, remake de L'Inconnu de Las Vegas (avec le célèbre « Rat Pat » formé par Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis jr, Joey Bishop). Il s'agissait donc avant tout de retrouver l'ambiance de film grand public, en même temps que l'extraordinaire complicité qui unissait les protagonistes du film original. Soderbergh eut le bon sens de former à l'écran une bande de potes (George Clooney, Brad Pitt, Don Cheadle, Matt Damon). Clooney est un irrécupérable voleur qui voulait dévaliser l'un des plus importants Casino de Vegas. Sa motivation profonde est surtout que le patron de cet établissement a séduit sa promise pendant qu'il était en prison. Elle, c'est Julia Roberts, dans un rôle secondaire où elle incarne une femme pleine de classe, ironique et ayant un lourd passé avec ce héros. Le personnage ne fait que quelques apparitions, la majorité du métrage étant consacrée au casse. Soderbergh livrait là un film classieux dans la mise en scène, une oeuvre de prestige. L'actrice était donc parfaitement au diapason.

FULL FRONTAL: très classe
Soderbergh revient ici dans une oeuvre expérimentale et ambitieuse à la narration explosée et à la structure ambitieuse. C'est dans ce film que l'on peut voir le goût pour l'indépendance qu'a la comédienne, trop souvent réduite à un cliché. Elle y est une journaliste mais dans une mise en abyme assez brillante, elle est également l'actrice qui joue ce personnage, dans des scènes qui semblent prises sur le vif (le tournage reposant sur un parti-pris drastique et sans traitement de faveur, totalement en décors réels, le cinéaste encourageant l'improvisation). La forme est double, principalement filmée en DV mais également sur pellicule lorsque nous sommes dans le pendant fictionnel. Encore une fois, nous somme dans le côté obscur de Hollywood et de ses gloires de pacotilles, dans une variation intéressante, presque du cinéma vérité, loin des grosses productions et de leurs conventions formelles. On ressent le même genre de plaisir à voir Julia Roberts hors de ces contingences que dans Erin Brockovich. L'univers de Soderbergh la libère et la décomplexe. Elle trouve un certain équilibre entre des films qui l'emploient pour la star qu'elle est, et les autres (dont celui-ci) plus ambitieux et exigeants dans le jeu. Au milieu d'une belle chorale de comédiens (Catherine Keener, David Duchovny...), il est bon de la voir audacieuse et hors des sentiers battus.

CONFESSIONS D'UN HOMME DANGEUREUX: Classe
Clooney emploie ici Julia Roberts un peu pour la même raison que Soderbergh dans
Ocean's eleven, tirant parti de son aura de star. Seulement il lui donne un personnage mystérieux et dangereux, qui rappelle les héroïnes vénéneuses et sexy, les femmes fatales des Films Noirs. Elle se prête à l'exercice avec tout le glamour nécessaire en espionne énigmatique qui va jalonner la carrière d'un présentateur télé allumé qui est également un espion de la CIA. Elle épouse le cliché avec bonheur dans une ambiance d'obscurité et de secret dont elle semble émerger. Elle est une apparition troublante et presque irréelle dans cette première réalisation très réussie et assez déjantée. Le rôle de Roberts s'amuse d'un archétype à l'image du film, qui joue avec les codes du cinéma d'espionnage.