Par N.Houguet / La Rédaction - publié le 01 août 2008 à 10h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h53 - 0 commentaire(s)
LE SOURIRE DE MONA LISA: Un tout petit peu classe
On n'est pas devant une catastrophe. Juste un film académique qui prenait un contexte bien connu (une école pour jeunes filles très stricte) pour y conter l'aventure d'une professeur libre et féministe qui enseignait à ses disciples comment apprécier la beauté du grand art, suggérant du même coup que le bonheur absolu n'était pas forcément de devenir une parfaite épouse (ce qui n'était pas évident pour les femmes américaines des années 50). Dans ce Cercle des poètes disparus au féminin, Roberts rayonne toujours, a acquis de la finesse dans son jeu et évolue avec conviction dans son rôle. Cependant, la grande référence demeure le film de Peter Weir et passer derrière avec une histoire relativement voisine était assez risqué. Elle y peaufinait en 2004 (année qui marquait son retour après un temps loin des plateaux), son image de femme libérée et émancipée, plus mature et plus grave. Elle partageait l'affiche avec des jeunes femmes talentueuses (dont Kirsten Dunst et Maggie Gyllenhaal). Cependant tout cela manquait cruellement d'originalité et elle ne parvenait pas à transcender le propos très cliché et plein de bons sentiments.

OCEAN'S TWELVE: assez classe
Un tantinet plus fouillis que le premier volet élégant, on sent que Soderbegh a fait ce film pour le plaisir -avant un Ocean's 13 nettement plus discutable-. On retrouve donc la joyeuse bande avec plaisir. Danny Ocean est cependant en froid avec sa belle Tess, lorsqu'elle s'aperçoit qu'il est décidément irrécupérable. La confrontation avec le grand méchant Français (Vincent Cassel) qui défie le gentleman cambrioleur n'est qu'un faux prétexte. Le metteur en scène s'amuse avec son beau jouet de cinéma, en explore les possibilités et le partage avec ses amis. Rien n'est à prendre au sérieux. Donc on ne doit pas dire à Tess qu'elle ressemble à s'y méprendre à une grande star Hollywoodienne. A la fin du film, Julia Roberts est pourtant bien obligée de jouer son propre rôle pour sortir son mari et ses compères d'une situation délicate. On l'aura compris, c'est n'importe quoi. Mais on s'amuse pourtant, même si on perd un peu du charme classieux originel. Roberts s'autoparodie avec jubilation (dans un face à face improbable avec Bruce Willis). On joue la carte du capital sympathie à fond avant d'épuiser le filon avec le dernier volet en date, redondant, avec Al Pacino mais sans Julia Roberts. L'art de se retirer quand il est encore temps.

CLOSER, ENTRE ADULTES CONSENTANTS: Classe ultime
Le canevas du film avait quelque chose d'inquiétant, les chassés-croisée amoureux sont légion et rarement bien exploités (tournant parfois au vaudeville). Seulement, Mike Nichols était derrière la caméra et avait devant lui des acteurs en état de grâce. Julia Roberts donne de nouveau toute sa mesure. Elle est une photographe maitresse d'elle-même et de ses désirs. Le film explore ce consentement, cette fièvre sensuelle qui tourmente les êtres, détruit parfois les relations. Elle est avec Clive Owen, qui l'aime passionnément. Mais elle rencontre Jude Law qui la trouble. Elle est au coeur de sentiments amoureux à la fois voluptueux et douloureux. Elle est fragile, frêle et tendue, exprime ses sentiments avec justesse et une simplicité presque dépouillée, un coeur mis à nu avec raffinement. Enfin l'actrice rencontre un rôle de femme psychologiquement complexe. Elle est simplement vraisemblable, naturelle. Elle tient son plus beau rôle, fait ressentir la vérité de son personnage, ses névroses bien loin de Julia Roberts et de tout ce qu'elle a pu représenter. Elle travaille dans l'épure, au coeur des pulsions, des désirs, de l'amour, hors des poncifs qui impriment habituellement la pellicule. Rien n'est jamais certain, le désir est inquiet et impérieux ( tout en étant conscient de ses conséquences), les bouleversements sentimentaux sont des traumatismes. On touche à une vérité noire, humaine, multiple et profonde, à un degré de sophistication rare au cinéma. On voit bien au delà de la surface, du superficiel. On ressent les états d'âme et les sentiments contradictoires des protagonistes. De plus, ils sont instables et changeants, ce qui est également une rareté. Tout est suggéré, on ne va pas dans l'évidence, les regards. Les gestes et les silences ont autant de sens que les dialogues. L'authenticité qui se dégage de ces êtres est troublante. Il s'agit d'un moment d'une incroyable finesse qui mérite qu'on s'y attarde.

LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON: assez classe
Julia Roberts retrouvait ici Mike Nichols dans un contexte bien différent. Un homme politique texan et sulfureux s'occupe des la politique étrangère controversée des Etats unis dans les années 80. Un film politique sur des relations si troubles a quelque chose de risqué. Nichols lorsqu'il tente d'appuyer son propos tombe un peu dans le piège (rappelons que ceux que les Etats unis armèrent alors, la résistance afghane contre les soviétiques, se retourna ensuite contre eux). Le film tient avant tout par ses personnages pittoresques solidement interprétés et servis par des dialogues brillants. Tom Hanks est parfait en sénateur dépravé. On le trouve au début du film en train de batifoler entre deux stripteaseuses cocaïnomanes, ce qui fait désordre. Il se rachète donc en tentant d'organiser la lutte contre l'armée Rouge en Afghanistan. Julia Roberts campe une grande dame du sud (avec l'accent adéquat en version originale), une femme de pouvoir qui va user de son influence pour l'aider à mener à bien sa délicate mission. Elle apparaît blonde, hautaine, mondaine, déterminée et pleine de prestance, imposant naturellement son autorité. Ses face à face avec Hanks apportent une belle vitalité au film, tout comme ceux avec Philip Seymour Hoffman, toujours surprenant, il est un acteur qui a décidément du génie. Cette distribution étincelante porte le film, en dépit de son enjeu politique un peu flou.
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