ERIN BROCKOVICH, SEULE CONTRE TOUS: Classe ultime
Julia Roberts était devenue à ce stade une icône, au même titre que les grandes stars d'antan cantonnées à un registre (ici la comédie romantique). Elle a toujours cherché à se sortir de ce carcan doré. Steven Soderbergh allait lui en donner l'occasion avec ce film en 2000. Elle serait donc une femme opiniâtre et fauchée, qui, à force d'audace et dotée d'un culot monumental, parvient à se faire engager dans un cabinet d'avocats. Elle apprend sur le tas de manière peu orthodoxe et découvre un scandale mettant en cause une grande entreprise. Roberts casse ici véritablement sa coquille, mise sur son physique, sa poitrine, son bagout. Elle a une allure provocante. Elle suggère surtout la force de cette mère célibataire, son assurance. Les héroïnes qu'elle incarne sont habituellement plus vulnérables. Elle livre enfin une véritable composition, n'est plus seulement un nom bankable sur lequel on peut monter un film. Ce rôle est aussi marquant pour elle que Pretty woman. On sent qu'elle a apprécié la liberté que lui a laissé le cinéaste, qu'elle a pu se plonger dans un rôle qui, pour une fois, ne reposait pas seulement sur sa beauté et sur son habituelle compétence à être charmante. Elle joue d'ailleurs beaucoup sur le contraste entre sa belle plastique et son intelligence, s'amusant des idées préconçues. Un beau portrait de femme, résolue et audacieuse, où l'on oublie un peu la star pour découvrir l'actrice. Elle est ici charismatique, provocatrice et véritablement surprenante.

LE MEXICAIN: pas classe
L'archétype du film agaçant: on réunit deux bons acteurs aux physiques avantageux et on construit hâtivement une histoire dont ils sont le seul intérêt. La démarche est outrageusement opportuniste et n'apporte généralement rien de bon. Nous ne somme pas ici devant une exception. Julia Roberts fait du Julia Roberts, Brad Pitt fait du Brad Pitt, sur un récit hautement improbable où ils se mettent à la recherche d'un pistolet légendaire et mexicain. James Gandolfini (grand acteur et héros des Soprano) parvient à nous faire sourire et à animer quelques belles scènes. Cependant, tout cela est lent, inintéressant au possible, sans enjeux et totalement mal foutu (entre comédie romantique et polar). La mise en scène de Gore Verbinski ne vient pas sauver l'objet de son inexorable platitude.
COUPLE DE STARS: Pas classe
Encore un film construit sur de beaux noms. Roberts y est l'assistante d'une star imbuvable interprétée par Catherine Zeta-Jones. Elle est chargée de rabibocher le couple médiatique qu'elle formait avec une autre célébrité, John Cusack. Seulement elle va tomber amoureuse de lui (et réciproquement). Dans la carrière de l'actrice, on trouve souvent ce genre de satire du petit monde égocentrique du cinéma, de manière souvent assez réussie et utilisée avec discernement (que ça soit dans The Player, Coup de foudre à Notting Hill ou Full Frontal). Cependant, cela peut être également un prétexte racoleur et faussement malicieux pour produire une oeuvre aux enjeux totalement éventés, destinée à surfer sur une vague qui fait que les spectateurs sont automatiquement attirés par les célébrités, même quand l'histoire sent incroyablement le réchauffé et que seules quelques rares situations parviennent à vous arracher un rictus amusé. Roberts y déploie son sourire radieux, y fait preuve de sa grande expérience dans la comédie sans trop se forcer, Billy Crystal a quelques belles répliques (il est par ailleurs auteur du scenario). C'est relativement plaisant, mais sans cette critique acerbe et mordant qui était censée le distinguer.