Par Nicolas Houguet - publié le 07 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 14 février 2010 à 18h51 - 0 commentaire(s)
Le cinéma engendre des icônes, des stars, des présences qui irradient l'écran dès qu'elles apparaissent. C'est comme ça. On peut trouver la carrière de Julia Roberts inégale. On peut trouver -non sans raison- qu'un film comme Pretty woman accuse bien mal le poids des ans. Cependant, il y a la fraicheur, l'énergie de la belle, ce sourire, ce rire, ce charme éclatant auxquels personne ne peut résister. Elle est une star, une vraie, comme les belles dames d'antan, Katharine Hepburn, Paulette Godard. Il y a de la malice et de la vivacité en elle, un esprit vif qui transcende ces rôles. Même dans ses interviews, les shows américains où elle apparaît parfois (dans les émissions d'Oprah Winfrey, de David Letterman ou encore, il y a une dizaine d'années, dans Inside the Actor's studio de James Lipton), elle pétille, séduit, impressionne. Un humour constant, acéré, ironique et irresistible, un rire ravissant de spontanéité, un visage rayonnant. Pour pasticher un titre que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, n'importe qui pourrait s'exclamer en la voyant, « Julia, Je t'aime ». Elle est assurément la plus grande star de Hollywood, l'une des plus bankable, elle dont la seule présence peut illuminer un film, même s'il est en dehors d'elle totalement oubliable -c'est arrivé-.


Elle a la grâce des grands acteurs qui parviennent à s'imposer sans cesse comme des évidences, car l'élégance et l'attitude qu'ils dégagent sont uniques (on pourrait en dire autant de Brad Pitt ou de Denzel Washington). Sortir de cette image de prestige et de charme est souvent assez compliqué car c'est ce qui a fait leur réputation.

 

ATOUT DE CHARME

Julia Roberts débute dans des petits films tendres et attachants comme Mystic Pizza ou Potins de femmes. Mais c'est assurément avec Pretty woman de Gary Marshall qu'elle s'impose définitivement en 1990. Objectivement, tout a vieilli dans ce film en dehors d'elle. Le yuppy Richard Gere est à claquer, la bande originale est kitschissime (branchée sans doute à l'époque), la mise en scène est assez fade et les gags du film sont éventés par les rediffusions. C'est mignon, c'est naïf, c'est stéréotypé. Si ce Cendrillon des années 90 est encore charmant, c'est surtout grâce à elle. Roberts transcende le contexte et impose son personnage comme une nouvelle figure du cinéma, elle marque les mémoires. On la voit véritablement éclore.


Elle commence grimée, mal fagotée, perruquée, méconnaissable mais déjà attendrissante. Puis le charisme de l'actrice s'impose, écrase ses partenaires qui semblent tous être touchés par sa grâce, jusqu'à cette scène magnifique où elle réagit à la Traviata (la Scène où violetta quitte Alfredo avec un air qui ferait pleurer les pierres). Sur son visage il y a la grande émotion inspirée par l'opéra, les larmes qui montent chez elle, qui renforce l'effet de la musique. Elle sort des clichés où le film se complait (le golden boy cynique, l'avocat salopard, la putain au grand coeur), transcende son personnage et impose sa présence tout au long du film avec une efficacité irrésistible. Elle est tout simplement brillante. Elle se détache d'autant plus que l'ensemble est convenu ,classique. Personne d'autre qu'elle ne s'en distingue. Elle portece film jusqu'à en faire un moment de l'histoire du cinéma, par l'incroyable justesse, la spontanéité de sa performance et illumine plusieurs scènes cultes (dont la fameuse séquence du shopping... Dur de ne par fredonner « Pretty woman » dans une cabine d'essayage). Elle s'est imposée avec ce rôle comme une référence collective et populaire, le personnage touchant de Viviane a marqué les esprits. La grâce de la comédienne également.
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