Par La Rédaction - 22 février 2010 - 0 commentaire(s)

PSYCHO
Fallait oser, Gus Van Sant l'a fait : proposer un remake de Psychose, de Alfred Hitchcock. Ce qui nous rappelle que son cinéma doit être considéré comme celui du croisement, qui fait se rencontrer l'archaïque et le dernier cri, le très neuf et le très vieux, la croyance et le soupçon. C'est un cinéaste-peintre qui réalise l'essence d'une chose montrée avec le minimum de traits. Il ne faut pas lui reprocher de chaque fois se laisser séduire par la pose, c'est précisément là que le cliché est le plus fort, le plus proche de l'icône. Car dans tous ses films (ou presque), il part du cliché pour trouver l'icône. 
 

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LE FUGITIF

Le fugitif est un film haletant, sans aucun temps morts, qui implique le spectateur du début jusqu'à la fin dans une course-poursuite effrénée après la vérité. Le personnage du Dr. Kimble provoque une sympathie et une identification immédiate. À quoi est dû cela ? Tout simplement à cette paranoïa que nous avons tous eu un jour d'avoir raison alors que personne ne nous croit, cette quête de la vérité, de la preuve qui nous donne raison. C'est tout bête et ca marche diablement !


UN MARI IDEAL

Après avoir adapté Shakespeare (Othello), Oliver Parker s'attaque pour son deuxième film à un autre maître de la littérature anglaise : Oscar Wilde. Et là, contrairement à sa première tentative, il réussit à livrer un fort joli petit film. Pour cela, il s'appuie sur une histoire des plus délicieuses (dans le Londres de la fin du 19ième siècle, un haut membre du Parlement subit un chantage honteux d'une jeune veuve prête à tout pour faire fortune, notamment à livrer à la presse à scandale l'origine douteuse de sa réussite) remplie d'intrigues en tout genre (l'autre partie de l'histoire étant la quête d'un mari pour la jeune soeur du héros) et de joutes verbales des plus exquises. Le film ne serait pas si réussi sans l'interprétation quasi parfaite de ses principaux comédiens. C'est un régal de voir ici réunis autant de talents. Jeremy Northam joue avec justesse ce parlementaire droit qui tente de garder la face notamment auprès de sa jeune épouse. Cette épouse qui est jouée par Cate Blanchett. Les costumes d'époques semblent lui aller à ravir. Rupert Everett nous rappelle qu'il manie toujours à la perfection cet humour pince sans rire et nous fait regretter son absence trop fréquente des écrans. La craquante Minnie Driver joue la jeune effrontée que rien n'arrêtera dans sa conquête du mari idéal. Quant au méchant du film, le rôle en incombe à Julianne Moore. Prenant comme modèle la Merteuil des Liaisons dangereuses, elle compose un vilain qu'on aime haïr tout en étant fasciné par sa beauté et sa perfidie.


LA FIN D'UNE LIAISON

Remake d'un film au titre similaire de Dmytryk réalisé en 1954 (Vivre un grand amour en français) avec Deborah Kerr et Peter Cushing, La Fin d'une liaison  est une plongée dans l'enfer de la passion amoureuse : désir, manque et surtout jalousie. Mais c'est aussi, contrairement à la fausse impression que pourrait laisser le titre, l'histoire d'une liaison qui ne parvient pas à finir, justement. C'est l'histoire d'une fin impossible qui s'éternise, malheureusement à l'image du film. Car même si les acteurs y sont excellents, en particulier la formidable Julianne Moore qui incarne ici divinement le désir, l'amour et la féminité (Aphrodite, c'est forcément elle !) et le traitement qu'apporte Neil Jordan (soin de la photo, multiplication des points de vue et narration désordonnée) particulièrement original pour un mélo, on peut trouver ça ennuyeux.

 

 

A Single Man de Tom Ford

 

A SINGLE MAN
Il y a des films qui, dès les premiers instants, imposent une vision des choses. Celle de Tom Ford est sobre et terre-à-terre, certes, mais ne manque clairement pas de personnalité. Rien que pour ça, A Single Man sort de la masse des films impersonnels qui ponctuent régulièrement les sorties.

 

THE HOURS

Dans Loin du paradis, plus qu'ailleurs, Julianne Moore bouleverse le regard et le cœur. Dans The Hours, film de facture moins resplendissante sorti au même moment, elle retrouve sa copine Nicole Kidman en Virginia Woolf et incarne une maman claquemurée dans le conformisme, en quête perpétuelle et désespérée d'idéal et de perfection. Pour ces deux films, elle sera nommée aux Oscar (meilleure actrice dans un premier rôle et second rôle). Au final, rien, nada. Peu importe, Julianne se contrefout des récompenses.

 

 

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BLINDNESS

Mereilles, usant d'une mise en scène aussi spectaculaire que subtile, varie les contrastes et n'hésite pas à sublimer d'une lumière incroyable des instantanés aux allures de chefs d'oeuvre picturaux. L'ensemble, à la fois hypnotique et fascinant, est un objet filmique d'une rare intelligence mettant en exergue avec puissance les grandes questions sur l'humanité et son avenir à travers le prisme d'une histoire originale. L'adaptation du livre était laborieuse mais dans un élan commun de réussite, Blindness constitue le premier point d'orgue de la carrière du cinéaste, qui réussit parfaitement à allier le fond à la forme tout en développant ses thèmes de prédilection. Mereilles est aujourd'hui devenu un cinéaste très important dont l'oeuvre ne cesse de fasciner et de prendre une ampleur des plus intéressantes. Les réalisateurs sud-américains représentent décidément un bel avenir pour le cinéma mondial...

 

LE MONDE PERDU

Après le choc visuel du premier, Spielberg et sa bande se sont demandés comment ils allaient pouvoir surprendre de nouveau les spectateurs. Jurassic Park démontrait de façon impressionnante qu'il est désormais possible de faire exister à l'écran des dinosaures de façon plus que crédible. Le monde perdu tente d'aller plus loin encore en jouant la carte de la surenchère. Tout est donc ici multiplié par au moins deux  (y compris le fameux T-Rex) et une fois arrivé sur l'île, le rythme ne cesse d'aller en crescendo faisant oublier un début pour le moins laborieux (la scène entre Goldblum et Sir Richard Attenborough). Même si l'humour vient souvent plomber le récit (horripilant Jeff Goldblum avec ses références à l'épisode précédent), Spielberg réussit à offrir des scènes de pur cinéma comme cette monumentale séquence de pur suspense où nos héros sont à deux doigts (ou plus exactement un bris de glace) de tomber de la falaise. Il se fait aussi plaisir en relançant l'action du film lorsque le T-Rex se voit convier de foutre la pagaille dans San Diego même (ce n'est plus alors un hommage à King Kong mais plutôt du pur plagiat). Même s'il est moins abouti que le premier, Le monde perdu n'a pas à rougir de la comparaison. Spielberg a une fois de plus construit un blockbuster sans failles (mais aussi sans âme) qui supporte sans aucune difficulté de nombreuses visions. Le monde perdu, ou le pur film de Home cinéma.


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