Nous vous proposons aujourd'hui de passer
Kevin Kline à la moulinette du Classe Pas Classe, histoire de revenir sur une filmographie protéiforme et à l'occasion de la sortie de
Joueuse où il partage l'affiche avec Sandrine Bonnaire, révélant une palette de jeu toujours plus riche...
Le Choix de Sophie (1983) : Très Grande Classe
Ce grand film de Alan J. Pakula offre à
Meryl Streep l'un de ses plus grands rôles en 1982.
Kevin Kline incarne son compagnon, Nathan, physicien juif extrêmement fragile psychologiquement (il est schizophrène et paranoïaque). Leur jeune voisin écrivain découvre peu à peu le terrible passé de l'héroïne : résistante dans l'Allemagne nazie et confrontée à un terrible choix lorsqu'elle fut déportée à Auschwitz (elle est forcée de choisir entre ses enfants pour que l'un d'eux ait la vie sauve). D'abord excentrique et attirant, le couple se révèle peu à peu rongé par ce secret, la folie de Kline s'affirmant de plus en plus. Son personnage est nerveux, instable, imprévisible et finalement inquiétant. Sa blessure est expressive, spectaculaire tandis que Streep est plus introvertie, séduisante mais gardant pendant longtemps sa part d'ombre. Chacun cache un grand mystère à sa manière. Les deux comédiens en état de grâce portent cette oeuvre complexe et multiple, la rendant profondément émouvante.
Les Copains d'abord (1984) : Classe
La vie les avait séparés, la mort les réunit. Ils étaient huit universitaires qu'une forte amitié unissait. Le suicide de l'un d'entre eux est durement ressenti par les sept autres. Des acteurs au faîte de leur gloire (Tom Berenger, Jeff Goldblum,
William Hurt,
Glenn Close et
Kevin Kline donc) dans une comédie dramatique générationnelle, teintée de mélancolie et de nostalgie, signée Lawrence Kasdan dont le ton doux-amer évoque autant
Peter’s friends que
Georgia, d’Arthur Penn.
Silverado (1985) : Classe
Silverado reste 20 après sa sortie l'un des meilleurs westerns hollywoodiens. Jouant avec les codes, utilisant les contre-pieds de situations et de personnages, il explore une facette de l'ouest américain encore peu visitée avec une bonne dose d'action et d'aventure.
Un Poisson nommé Wanda (1989) : Classe
L'un des fleurons de la comédie britannique des années 80. Après de multiples visions, il faut bien reconnaître que le film a un peu vieilli ou plus exactement que les diverses situations comiques ne fonctionnent plus tout à fait, l'effet de surprise n'étant pas éternel. Malgré ce bémol, on rit toujours, notamment grâce aux acteurs qui s'en donnent à coeur joie, surtout
Kevin Kline, en amant jaloux (Oscar du second rôle pour sa performance). Le côté irrévérencieux de certaines scènes fait plaisir à voir : la critique des anglais et des américains ou encore la mort accidentelle des chiens. Ne boudons pas notre plaisir, les bonnes comédies avec un scénario qui tient parfaitement la route ne courent pas les rues.
Grand canyon (1992) : Classe
Film de la maturité pour Lawrence Kasdan (réalisateur talentueux,
Les copains d'abord et
La fièvre au corps mais aussi scénariste hors pair ayant grandement contribué aux incontournables Star Wars Episode 5 et 6 et au premier Indiana Jones),
Grand Canyon est une œuvre émouvante. A mi chemin entre la fable sociale et une réflexion humaniste, le film tisse habilement sa toile autour d'un petit groupe de personnages aux origines et préoccupations différents mais qui vont pourtant se compléter. Brillamment interprété (
Kevin Kline et
Danny Glover en tête) et mise en images,
Grand Canyon mérite d'être (re)découvert, ne serait-ce que pour ce majestueux plan final qui démontre avec force et beauté à quel point l'homme n'est finalement que peu de choses.