1. >
  2. >
  3. >
  4. >L'amour Epique Au Cinema [page 1]

L'amour Epique Au Cinema [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 12 décembre 2008 à 15h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h26 - 0 commentaire(s)
Le cinéma est l'art de la démesure, des grandes fresques. Dès le temps des pionniers et de D.W Griffith en particulier, on raconta des histoires immenses, des épopées qui retraçaient des époques tourmentées, le destin des nations, à travers des oeuvres traversées d'un grand souffle, de ces grands films un peu fous et mégalos qui ont toujours fasciné les spectateurs (tels Ben-Hur ou bien les grandes réalisations de Cecil B. De Mille). C'étaient des productions à grande échelle, « bigger than life » qui, par leur ambition, transportaient littéralement dans leur univers épique et leurs époques volatilisées. L'un des chefs-d'oeuvre dans ce registre et l'une des plus grosses productions que le cinéma ait jamais connue fut Autant en emporte le vent en 1939. Au fil du temps, on a vu s'ériger au cinéma ces monuments uniques et ces grandes émotions (de Out of Africa à Titanic). Baz Luhrmann tente de faire revivre cette belle tradition avec Australia, qui sort sur nos écrans le 24 décembre.

Autant en emporte le vent est donc la référence absolue et incontournable lorsqu'on évoque les fresques épiques et romanesques, l'oeuvre à laquelle toutes les autres doivent peu ou prou se comparer. La superproduction est légendaire, la reconstitution du sud d'avant la guerre de Sécession absolument fastueuse, sous la houlette implacable du producteur perfectionniste à l'excès, David O'Selznick. Il livrait là son chef d'oeuvre et en surveillait les moindres détails, épuisant plusieurs réalisateurs (dont George Cukor) et scénaristes (dont F. Scott Fitzgerald). Le film a traversé les décennies avec une imperturbable superbe, n'accuse absolument pas la poids des ans et a suscité bien des enthousiasmes. Avant l'ère de la vidéo ou du DVD, Woody Allen allait dans sa jeunesse le voir inlassablement, avouant même au détour d'une réplique qu'il fait dire à Meryl Streep dans Manhattan, qu'il pleurait à la fin.

Pourquoi donc une telle fascination ? Par l'envergure et le souffle de ce chef d'oeuvre, qui surpassait le best-seller de Margaret Mitchell et ses lourdeurs (les grossesses à répétition de Scarlett). Il ne nous parle pas seulement d'une jeune femme éprise du bel Ashley Wilkes et qui vit dans l'obsession de cet amour impossible. C'est une époque qui revit sous nos yeux: le faste idyllique des « Douze chênes » au sud dévasté par la guerre de Sécession, les images d'un Atlanta en flammes, la désolation et la ruine au sortir de la guerre, l'ordre d'un monde fondé sur l'esclavage qui s'effondre. Le contexte historique compte alors autant que les personnages. Ils ne sont cependant pas laissés en reste. Scarlett O'Hara est l'image d'une survivante que rien n'anéantira. Ce ne sont pas ses minauderies de jeune fille riche qui marquent. Mais elle est caractérisée avant tout par cet instinct de conservation qui la domine. Elle se révèle dans l'adversité. Elle accouche Mélanie, la femme d'Ashley dont elle a la responsabilité. Elle prend la maison de Tara en charge. Elle jure solennellement dans un beau crépuscule qu'elle ne mourra jamais de faim. Elle fait fortune tout en faisant fi de toute considération morale ou se marie par calcul.
Vos réactions


logAudience