Par - publié le 23 août 2005 à 02h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h34 - 0 commentaire(s)
Après avoir écumé les festivals du monde entier, May n’est sorti dans l’Hexagone que dans une poignée de salles anonymes. Une sortie, disons-le clairement, massacrée. Trêves de jérémiades : ce sont les mêmes problèmes qui affligent bon nombre d’œuvres indépendantes (levez la main ceux qui sont allés voir le superbe L’été où j’ai grandi, de Gabriele Salvatores au cinéma cet été). Il importe de revenir sur ce phénomène pour comprendre les causes de cette réussite.


THE WOODS

Le film met en scène le quotidien d’une demoiselle qui en proie à un singulier tohu-bohu intérieur (désir et amour qui se conjuguent à la simple vue d’une main…), essaye de nouer des liens, de trouver le grand amour et qui, suite à de multiples déceptions, finit par fabriquer littéralement un compagnon idéal en rassemblant les différentes parties des corps de ses victimes. Ce requiem glacé, à l’origine relecture du mythe de Frankenstein, n’en constituait pas moins un hommage aux gialli transalpins doublé d’une descente aux enfers qui foudroyait le regard et annihilait toute scorie mélodramatique... Le genre de films qui secouent. Quid de la suite ? The Woods, un film d’horreur quelque part entre Neil Jordan et Dario Argento, dont la sortie US (16 septembre 2005) est imminente. Tout sur Lucky dans ce mini-dossier.


MAY

Autopsie de May

Sorti seulement l’an passé en France (avec deux bonnes années de retard par rapport à sa sortie US – gageons qu’on n’aura pas le même problème avec The Woods), May fut un événement de poids, d’autant plus surprenant qu’il avait tout d’un projet casse-gueule. A la lecture du synopsis (une jeune femme, seule, mal dans sa peau, bascule dans la folie et fabrique un être idéal), on pouvait légitimement avoir peur. Peur du constat social qui disserte maladroitement sur la solitude et en radiographie ses conséquences dommageables. Peur du précipité complaisant ou alors du mélo putassier... Surprise : il n’en est strictement rien. May balaie les conventions pour brosser le subtil portrait d’une femme névrosée. May (Angela Bettis, parfaite) est une demoiselle atypique, renfermée, complexée par un strabisme qu’elle tente de masquer. Suite à des rencontres inattendues et des fluctuations indicibles, elle est en pleine crise existentielle et se pose des questions sur elle-même et son rapport avec les autres. Secrètement, elle passe son temps à attendre le grand amour. Sagement. Jusqu’à ce que ses névroses, latentes, ne fassent surface.


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