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L'avis Du Jour : Bad Santa [page 1]

Par Helljohn - publié le 13 septembre 2005 à 03h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h34 - 0 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant quotidiennement l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, Helljohn nous livre son opinion sur un des films les plus drôles de l'an dernier, Bad Santa.

Continuez à nous envoyer vos AVIS DU JOUR par mail à laurent.tity@dvdrama.com en précisant sous quel nom ou surnom vous voulez être publiés.



Noël… Les gens pressés chargés de cadeaux dans la rue sous une nuit froide et chaude en même temps, les foules devant les grands magasins, les cris des enfants, les parents qui s’énervent, le stress qui les atteint, les décorations de Noël qui envahissent les grandes rues, les petits sapins sur le trottoir, les guirlandes sur les façades des maisons, les publicités envahissantes sur ce qu’il faut acheter à Noël et où ça se passe, les musiques joyeuses avec chants d’enfants et cloches diffusées partout dans les rues et dans les magasins, ces gens qui, obsédés par leurs achats, bousculent les autres, des pères Noël qui se promènent dans la rue ou d’autres qui parlent aux enfants comme s'ils savaient tout de leur vie, des engueulades un peu partout, des sourires aussi, et des rires, puis des larmes d’enfants un peu perdus dans tout ça, des parents qui les cherchent, la neige qui tombe, quand ce n’est pas la pluie, puis le froid qui nous glace les mains qu’on préfère garder dans nos poches mais qu’on doit sortir pour porter les cadeaux, les klaxons qui résonnent, la difficulté pour se garer ou pour trouver une place, la difficulté de circuler, d’avancer, les couleurs gaies qu’on nous assène de tous les côtés, les lumières qui clignotent, les phares des véhicule qui nous aveuglent, le sol qui glisse, nos chaussures trempées, les chiens qui aboient, les automates de père Noël ou d’Ours en peluche, du réconfort pour les plus démunis, ou au contraire de l’ignorance de la part des autres, de la bonne morale omniprésente, de la générosité qui cache de l’hypocrisie, de la bonne conscience, de l’argent partout, l’extravagance des grands magasins qui cache un commerce véreux mais qui cartonne à chaque fois, choisir des cadeaux pour tout le monde même ceux qu’on aime pas, des histoires folles à raconter, des contes merveilleux qui donnent de faux espoirs aux enfants mais qui leur font tellement plaisir, le plaisir de faire rire, le plaisir de rire, le plaisir d’oublier le reste, du bonheur autant que du malheur, les voitures remplies de cadeaux, emballer les cadeaux et faire les petits mots, chercher de l’inspiration pour écrire des cartes de voeux, faire des voeux tout en sachant qu’ils ne se réaliseront pas, des souvenirs qui reviennent pour beaucoup, des souvenirs qui se créer pour les plus jeunes, de la nostalgie pour les plus vieux, la solitude pour les plus seuls, les enfants qui téléphonent au Père Noël et qui ne savent pas encore qu’un jour il apprendront qu’ils ont parlé à un gars payé pour les réconforter, les films qu’on connaît par coeur et qui repassent toujours à cette période, les dessins animés les soirs à la télé, les repas en famille près d’un bon feu de cheminée, la dinde, les bougies, les assiettes blanches, le vin, le sapin décoré dans un coin et qui éclaire la pièce par ses guirlandes lumineuses, les enfants qui jouent pendant que les adultes discutent avec le sourire, même faux, et qui se racontent des blagues qui amènent des rires plus ou moins sincères, certains cadeaux ouverts avant le petit matin, les enfants émerveillés devant leurs nouveaux jouets, ou au contraire déçus, les enfants encore qui se disputent, qui pleurent, les ados qui s’emmerdent et qui aimeraient s’éclater ailleurs, la découverte de couples nouveaux qui s’aiment ou au contraire de couples qui ne s’aiment plus mais qui veulent sauver les apparences, les apparences qui sont d’ailleurs souvent fausses en cette période, période ou chacun porte un masque mais le fait avec plus ou moins de plaisir, alors que une semaine après il sera redevenu une personne triste et normale, las de sa vie, de son job et de sa famille, de ces habitudes qui disparaissent à Noël, de ce temps froid et morne qui succède à une nuit si chaleureuse et mouvementée, de cette neige qui lui empêche de sortir sa voiture du garage ou de la rue, de ce ciel gris déprimant, de ces personnes désagréables qui paraissaient si gentilles la veille de Noël, de tous ces jouets dont les enfants ne se servent déjà plus, de ces infos à la télé qui annoncent combien de sans abris sont morts ou qui nous montrent comment Noël et le nouvel an se sont passés dans les autres pays, bref, de tout ce qui n’est pas Noël. Une période utopiste dédiée au bonheur, mais qui instaure un vrai malaise en celui qui voit à travers. Ceux qui ont le plus d’innocence sont ceux pour qui Noël sera meilleur.



A ceux qui détestent cette période de Noël, Bad Santa est fait pour vous. A ceux qui aiment cette période, Bad Santa est aussi fait pour vous...

En effet, contrairement à ce qu’on pourrait penser, Bad Santa de Terry Zwigoff, n’est pas un film contre Noël. C’est une comédie qui critique Noël à travers les personnages pour mieux révéler ses qualités, sans pour autant tomber dans la mièvrerie qui ferait de Bad Santa le genre de films qui repassent tout les ans pendant les vacances de fin d’année (sans ça, "La course au jouet" aurait pu être un bon film). Une comédie mélancolique, ravageuse mais aussi touchante. Rien que la première scène dévoile cela, nous montrant un type déguisé en père Noël avachi sur le comptoir d’un bar, qui expose, en voix off et le ton las, la situation et qui se présente tristement.


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