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L'avis Du Jour : Cinema Vs Jeux Video [page 4]

Par Jeremie79 - publié le 11 février 2005 à 10h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h15 - 0 commentaire(s)


Des cinématiques avec des acteurs et actrices reconnus, oui. Quand ce ne sont pas carrément des comédiens qui viennent prêter leur voix et/ou physique à un jeu. Citons pour exemple Michael Ironside et Denis Haysbert qui prêtent respectivement leurs voix à Sam Fisher et son supérieur Lambert dans Splinter Cell ; Bruce Willis (Apocalypse), Jackie Chan (Jackie Chan’s Adventures) ou encore Jet Li (Rise To Honour) vont même jusqu’à se livrer à d’épuisantes séquences de "motion capture" pour intégrer leur physique dans des œuvres virtuelles. Notons le cas particulier, car directement inspiré d’un œuvre du grand écran, du Seigneur des Anneaux où les acteurs du film original ont dû livrer une nouvelles fois une performance vocale et physique pour donner vie à leurs doubles texturés et polygonés.

Je terminerai en évoquant les jeux s’inspirant de techniques et/ou d’univers créés sur pellicule, sans pour autant adapter une œuvre connue. Deux jeux ont introduit pour la première fois des cinématiques (bien avant le développement du CD-ROM), à savoir Another World et sa vraie-fausse suite Flashback. Avec leur réalisation quasi cinématographique en termes de musique (qui vient rythmer les moments forts), de plans et de scénario – on pense à Blade Runner, de Ridley Scott (1982), lui-même magistralement adapté en jeu vidéo par Westwood Studio en 1997, mais aussi à Absolom 2022 de Martin Campbell (1994) ou encore le Fugitif (Andrew Davis, 1993) – ces deux chefs-d'œuvres vidéo-ludiques ont introduit les standards actuels du jeu d'action/aventure. D'autres jeux trouvent leur source dans le cinéma : Max Payne et son « bullet time » font furieusement penser aux chef-d’œuvres hong-kongais de John Woo tel que the Killer (1990) ; Metroïd et Halo doivent tout à Aliens de James Cameron (1986) ; Code 47 dans Hitman a des airs de Léon (Luc Besson, 1992) ; Resident Evil est un emprunt/hommage évident aux films d’horreur, et plus précisément aux "zombies movies" de George Romero – lequel avait été approché à une époque pour réaliser l’adaptation au cinéma, puis finalement écarté, son scénario n’ayant pas été jugé assez bon… On croit rêver ! - et dont la mise en scène par plans fixes renvoie aux plans cinématographiques ; I have no mouth and I must scream, Sanitarium ou encore Harvester lorgnent sans vergogne du côté de David Lynch (dont le Dune a fait l'objet d'une adaptation sous forme de RTS) tandis qu'American McGee's Alice ou the Dark Eye piochent ça et là dans l'univers de Tim Burton. Quant à Second Sight, avec son histoire de manipulations génétiques, de personnages aux facultés psychiques, il rappelle à notre bon souvenir des films tels que Carrie au Bal du Diable (Brian de Palma, 1979), Scanners ou bien encore Chromosome 3, ces derniers films étant signés David Cronenberg (1981 et 1979), tandis que le personnage de Metal Gear Solid, Solid Snake, est un hommage évident au Snake Plissken de New York 1997 et Los Angeles 2013 (John Carpenter, 1981 et 1996). Il y a aussi bien entendu le système de caméra, libre ou imposée, cher au jeu de plate-formes et source de crispation bien connue des joueurs…

Alors, cinéma et jeux vidéo, un mariage de raison ? Certes oui, puisque chacun des deux médias puise des idées chez l'un comme l'autre, ils devaient bien un jour se rejoindre et fusionner. Un mariage d'intérêt ? La réponse est également oui, dans la mesure où d'une part, les sommes à gagner ne sont pas négligeables, d'autre part, une adaptation au cinéma (respectivement en jeu vidéo) permet d'attirer un public de "gamers" (resp. de cinéphiles, ou tout simplement ce qui est commun d'appeler le "grand public") ayant apprécié l'œuvre sous son format initial (resp. vidéo-ludique ou cinématographique), même si le cinéma n'a jusqu'à présent subi que des (semi-)échecs de ce point de vue.

Que nous réserve l'avenir du mariage arrangé entre cinéma et jeux vidéo ? Des titres comme Doom, Resident Evil 3, Far Cry, Hunter : the Reckoning, Silent Hill et ce Blood Rayne donc… (le jeu n'est pas fameux à la base, et je doute par ailleurs que le côté malsain - le seul intérêt du jeu - ait été conservé, politiquement correct oblige) que l'on attend – avec appréhension.
Et puis les adaptations virtuelles des prochains Harry Potter, du King Kong de Peter Jackson (par le studio français Ubisoft, cocorico !), les prochains Disney (une spécialité, chez eux…), le Parrain, Scarface...

Bref, le couple a encore de (pas forcément) beaux enfants à nous présenter !
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