L'avis du jour porte cette fois-ci sur le dernier petit chef d'œuvre du réalisateur d'
Akira, tout juste sorti sur les écrans :
Steamboy. Et une nouvelle fois, c'est Helljohn qui s'y colle :
"Steamboy", UNE BOMBE !!!Il est intéressant de commencer cette critique par mettre en relation ce
Steamboy de Katsuhiro Otomo avec, aussi étrange que cela puisse paraître, deux vieux films de Miyazaki. En effet,
Steamboy entretient beaucoup de points communs, aussi bien visuels que narratifs, avec
Le château dans le ciel (“Laputa”) et
Kiki la petite sorcière, tout deux réalisés dans les années 80. A commencer par la thématique principale qui traverse les trois films : l’homme et (contre) la technologie, y compris dans
Kiki la petite sorcière qui, malgré l’absence totale de robots ou de machines, est un vrai message d’écologie.
STEAMBOY de Katsushiro OtomoCela n’est pas étonnant de la part d’un Otomo, qui a passé toute sa carrière à représenter le combat de l’homme contre la machine et les conséquences que cela entraîne, le plus souvent la destruction, à travers des animes sur lesquels il a travaillé à des postes différents :
Roujin Z,
Memories,
Metropolis (dont le final est très similaire à celui de
Steamboy), et surtout
Akira, l’adaptation culte de son manga apocalyptique qu’il a lui même réalisé, sûrement la plus extrême de ses oeuvres. Mais si
Steamboy a exactement le même thème que
Akira, c’est exactement l’inverse dans son traitement : en effet, alors que
Steamboy est une oeuvre positive, poétique (malgré les scènes de destruction monumentales, on y reviendra) au message porteur d’espoir,
Akira est complètement à l’opposé, ultra pessimiste, extrême, violent et sans concessions. A la vue de la fin de
Steamboy, on pourrait espérer une suite ou l’imaginer, alors que
Akira, se terminant carrément par la destruction totale du monde, ne laisse aucun espoir, donc aucune suite. Le message est le même, mais la conclusion est à l’opposé : dans
Akira, les machines l‘emportent sur l’humain, dans
Steamboy c’est le contraire (y compris dans
Metropolis d’ailleurs). Mais cette fin étrangement positive dans
Steamboy s’explique par le fait qu'Otomo ait du, à la demande des producteurs (avec qui il aurait eu pas mal de désaccords, d’où les nombreux retards du film, rappelons que le projet a débuté il y a 10 ans, en 1994 !)), modifier son scénario pour en faire un film accessible aux plus jeunes.
STEAMBOY de Katsushiro OtomoCette morale, c’est aussi un autre point commun qu’entretient
Steamboy avec
Le château dans le ciel. Dans les deux films, les hommes tentent de s’emparer de la technologie pour faire le mal (guerre, pouvoir), technologie qui leur échappe et qu’ils doivent abandonner pour éviter la catastrophe, ne parvenant pas à la maîtriser. On découvre ce constat en cours d’aventures dans
Le château dans le ciel, et ce constat est la conclusion de
Steamboy. On peut d’ailleurs mette en parallèle le château dans le ciel et la machine volante du film d’Otomo, les deux lieux étant en apesanteur (on pense aussi aux
Voyages de Gulliver) et contenant une force technologique révolutionnaire (et donc très dangereuse, c’est bien pour ça qu’elle est suspendue, pour être difficile d’accès). Mais contrairement à
Metropolis ou au
Chateau dans le ciel, les hommes sont ici entièrement responsables des machines et de leur création (des créations non vivantes, alors que dans le film de Rin Taro et celui de Miyazaki, elles ont une certaine forme de conscience, ce qui leur vaut d’ailleurs d’être rejetées, exclues), à l’image d’
Akira, dans lequel c’est la création qui s’empare de l’homme et non l’inverse comme dans
Steamboy.