Alors que l’urgence du réchauffement climatique commande une prise de conscience rapide, le cinéma se fait de plus en plus le chantre d’une réaction forte en faveur de la préservation de notre environnement. Ainsi, de
Jeremiah Johnson jusqu’à
Herbe dernièrement, le medium s’engage et s’implique comme jamais. Dernier exemple en date de ce phénomène qui gagne chaque année en ampleur,
Nous resterons sur Terre s’inscrit à la suite des productions qui recensent et critiquent les effets dévastateurs de l’homme sur la Terre qui l’accueille. Ainsi, à l’instar des défauts du modèle productiviste soulignés dans We feed the world – le marché de la faim et
Notre Pain quotidien ou des responsabilités humaines que recensaient
Nos enfants nous accuseront ou
Une Vérité qui dérange, l’écologie et le développement durable sont en passe de devenir de véritables sujets pour le cinéma d’aujourd’hui. L’occasion semblait donc opportune de revenir sur cette vague militante et citoyenne sans précédent.
Entre militantisme et responsabilitéReprésentant un monde que l’homme altère et qui en fait son principal danger, le cinéma contemporain ose montrer plus que lors des décennies précédentes, l’ensemble des enjeux qui se lient au développement durable. Que l’on évoque le réchauffement climatique par le biais du documentaire pédagogique façon Al Gore ou la montée des eaux via le film catastrophe (
Le Jour d'après), le medium semble épris d’une conscience citoyenne et d’une responsabilité plus marquées que jamais. En effet, tour à tour, il documente, il représente, il explore ou bien use des risques de l’omnipotence humaine pour signaler les changements qui sabordent le monde actuel. Effectivement, Robert Flaherty serait bien embarrassé à l’heure actuelle s’il avait à tourner
Nanouk l’esquimau et ce n’est pas la plongée dans le monde paysan de Raymond Depardon qui nous apprendra le contraire… L’homme change son environnement, le déforme et bouleverse avec lui tous les cadres coutumiers et habituels qu’il entretenait avec la nature. Et le cinéma s’en fait le dramatique écho.
Socialement et écologiquement destructeur, la prédation irresponsable de l’espèce dominante que nous sommes, pose en effet un souci qui devient un véritable sujet de cinéma en gagnant en exposition. Sujet que le cinéma de surcroît reprend à son compte et à tous les niveaux.
Ainsi,
Herbe, dernière sortie en date sur le problème impose son regard distancié et volontairement pédagogique face à la situation simple de l’agriculture contemporaine. Exemplairement. En donnant la parole aux agriculteurs bretons qui refusent un modèle productiviste qui meurt de ses propres contradictions, ce métrage opère manifestement un écart intéressant : montrer face aux tenants de l’agriculture intensive, qu’une alternative viable et respectueuse de tous existe. Dès lors, le medium et ceux qui s’y attellent, développent un raisonnement simple et prompt à la modification de nos comportements : celui d’une prise de conscience et d’une responsabilisation collective.