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L'emancipation De La Femme Selon Mcg [page 1]

Par Léa Franchi - publié le 10 août 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h08 - 0 commentaire(s)
Par cette chaleur estivale, on a souvent envie de films légers, fun et qui ne fassent pas trop réfléchir. Mais il arrive que certains films de pur « entertainment » recèlent des ressorts bien plus sérieux qu’on ne le soupçonnait. Dans cet esprit, Léa s’attaque aujourd’hui aux Charlie’s Angels, pour un point de vue décalé (et néanmoins très sérieux) sur le film.



Quand on a vu débarquer les Charlie’s Angels de McG, comme ça, à première vue, ça sentait la testostérone à plein nez. Vu de loin, on s’attendait à un déluge de minettes à la plastique irréprochable dans des tenues plus affriolantes les unes que les autres : ça fleurait bon le concept marketing pour séduire le public masculin. Et je commençais donc déjà à me lamenter d’avance, avec toutes mes congénères, sur ce cinéma hollywoodien sexiste qui fait de la femme un objet sexuel à but résolument lucratif… On se souvenait de la série télé dans laquelle les trois filles obéissaient aux ordres de deux hommes, en restant chacune cantonnée dans un rôle bien défini : la jolie blonde qui a toujours le beau rôle dans les scénarios (Farrah Fawcett et son brushing, puis Cheryl Ladd), la mignonne brunette qui lui sert toujours de faire-valoir (Jaclyn Smith), et la brune maligne qui est évidemment moins jolie que les deux autres (Kate Jackson). Parce que, bien entendu, intelligence et beauté ne peuvent aller de pair.
Imaginez donc comme, armées de ces souvenirs et envisageant la perspective d’ajouter à tous ces clichés machistes la présence de filles en bikini, mes petites camarades et moi commencions déjà à hurler au loup ! Sauf que, bien entendu, mes petites camarades et moi avions tout faux avec nos préjugés pseudo-féministes. Le dénommé McG, qu’on imaginait déjà tel un réalisateur de clips pour rappeurs de la côté Ouest, s’avère en fait bien plus malin et réussit un film qui séduit certes les hommes (Cameron, Lucy, Drew, faut-il en dire plus ?), mais aussi les femmes. Pourquoi ? Parce qu’il y a mis plein de morceaux de féminisme dedans, consciemment ou non. Le premier opus l’affichait d’ailleurs ouvertement : sur le générique, Beyoncé et ses copines clamaient « All the women independant ! ». Mais dans Full Throttle, on va encore un cran plus loin : l’émancipation de la femme selon McG, c’est parti !



Le trio angélique représente l’archétype de l’éternel féminin (la femme « parfaite » et raffinée – Alex ; la fille fraîche et spontanée – Natalie ; la rebelle au grand cœur qui n’a pas froid aux yeux – Dylan) : on part du principe qu’à elles trois, elles représentent toutes les femmes. On peut leur ajouter Madison Lee pour faire bonne mesure, sorte de d’Artagnan maléfique et déchue pour ces trois mousquetaires en talons hauts. Et ces femmes n’ont étonnamment plus besoin des hommes. Prenons le premier d’entre eux, le fameux Charlie. Dans la série, il règne tel Dieu le Père sur ses petits anges : c’est lui qui les présente dans le pré-générique, il leur dit quoi faire, elles lui rendent des comptes, elles ont besoin de son approbation, et tous les épisodes se terminent avec lui via le fameux haut-parleur. Omniprésent, omniscient, il leur est indispensable, et elles sont à son service : le MLF n’est pas encore passé par là.


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