Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 12 septembre 2008 à 07h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h17 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la sortie en salles le 31 Octobre 2008 de Quantum of Solace de Marc Forster, profitons de la seconde apparition de Daniel Craig en agent de sa Royale Majesté pour revisiter l’histoire du film d’espionnage et interroger la représentation de l’espion au cinéma.



La représentation de l’espion et agent secret au cinéma

Qu’est ce qu’un espion ?

Le mot « espion » est un emprunt ancien fait à la langue italienne. Ce mot dérivé du verbe « Spiare » qui signifie « épier », a gagné notre langue dès le XIIIe siècle tout en imposant un sens commun à toutes ses variantes dans l’ensemble des langues occidentales. Mais l’espionnage existait bien avant qu’on ne le désignât ainsi ; consubstantiel de la guerre et donc aussi vieux qu’elle, cette activité a notamment laissé ses traces littéraires dans la Bible ou L’Iliade avant de subir son appellation contemporaine.

Dans l’acception habituelle de sa définition, l’espion est toujours présenté en rapport avec une institution plus ou moins identifiée (KGB, CIA, MOSSAD) mais aussi une autorité politique et publique, étatique et nationale. Incarnation duplice et plongée dans l’obscurité, l’espion est chargé de recueillir clandestinement informations, documents et renseignements pour ceux qu’ils représentent. En cela, particularité intéressante, il entretient une relation unique au pouvoir et à l’exercice de la gouvernance. On ne le définira jamais qu’en fonction de la puissance et du pays qu’il sert ; on parlera en cas contraire de traître à la nation et à l’Etat. C’est pour cela qu’on les présente déjà aux temps des Perses, comme « les oreilles et les yeux du grand Roi ». En tant qu’émanation d’une autorité légitime dont les fonctions clandestines et discrétionnaires sont aux limites de la légalité, l’agent qu’est l’espion opère là où les instances qu’il représente ne peuvent agir, sans subir discrédit et mesures de rétorsions. Il est le versant noir de l’action de l’Etat.



Cela est d’ailleurs pour beaucoup à l’origine de l’intérêt du cinéma pour la figure de l’espion, que les histoires racontées soient véridiques ou entièrement scénarisées.


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