Un grand frère, que ce soit d'un point de vue familial, « professionnel » ou simplement affectif, détient un rôle bien précis, celui de donner des conseils aux plus petits, de les aider à affronter les difficultés de tous les jours, de leur faire découvrir pleins de choses, de les consoler, de les réconforter... En somme, il doit être présent, affectif, protecteur, toujours à l'écoute, sans pour autant se laisser marcher sur les pieds. Hélas, il ne s'agit là que d'un idéal, et la réalité est souvent tout autre. Le nouveau film signé David Waim, sobrement intitulé
Les Grands Frères, avec Sean William Scott et
Paul Rudd en tête d'affiche, le met parfaitement bien en scène. A l'occasion de sa prochaine sortie en salles, revenons sur l'image du grand frère au cinéma, parfois indissociable de celle du cadet, et ce, par le biais d'une petite sélection entièrement subjective. Bien évidemment, nous vous invitons à la compléter en fonction de vos goûts et de votre culture personnelle.
AUTORITAIRE ET POSSESSIF : Joe (
Les Dalton)
Voilà typiquement le genre de grand frère que l'on aurait détesté avoir. Excessif, autoritaire, cruel... Les pires défauts lui ont été attribués. Mais comble d'ironie, il est le plus petit de la famille. Sa seule ambition : tuer Lucky Luke, le cowboy qui tire plus vite que son ombre. A ses yeux, ses trois autres frères, Jack, William et Averell, ne semblent pas avoir de véritables importances. Il se sert d'eux dans l'espoir d'arriver à ses fins. Malgré sa taille, il est l'ainé de la bande, et profite certainement de cette situation pour assoir son autorité. Cependant, ses cadets ne montrent pas le moindre signe de mécontentement et se laissent faire sans que cela ne les dérangent vraiment. Joe déteint sur eux avec une extrême facilité. Il faut dire qu'il n'est pas difficile d'agir sur de simples esprits et de les « posséder » comme il le fait. Au cinéma, le personnage a (jusqu'à présent) été interprété par deux acteurs diamétralement opposés, aussi bien physiquement que dans la manière de jouer. Tout d'abord, Ron Carey, dans une première version mise en scène par Terence Hill en 1991, lui apporte une rondeur excessive par rapport aux dessins créés à l'origine par Morris. En outre, sa lenteur rend ce personnage particulièrement benêt dans sa façon d'être et de ressentir. A l'opposé, le film qui lui est consacré avec ses frères, sorti en 2004 et intitulé
Les Dalton, reste on ne peut plus fidèle à son caractère de base. Le comédien Eric Judor réussit à retranscrire toute la folie du personnage, à travers une excitation constante, parfois trop, sombrant ainsi dans un style « cartoonesque » particulièrement irritant. En somme, une caricature de « grand frère », dont la personnalité collerait davantage avec celle du « petit dernier », généralement beaucoup plus exigeant et capricieux dans l'âme...
DISPUTEURS : Didier, Pascal et Bernard (
Les trois frères)
Evoquons dès à présent trois frères ennemis, symbole d'une des principales relations existantes entre personnes consanguines : la dispute. Nés de père inconnu et abandonnés successivement par une mère frivole chanteuse de cabaret, Bernard, Didier et Pascal découvrent donc lors de son décès qu'ils sont demi-frères ! Difficile de savoir qui est l'aîné dans ce trio assez original, à moins de se baser sur l'âge exacte des comédiens. En ce sens, il s'agirait de Bernard Campan, tandis que Pascal Légitimus serait le cadet. Mais ici, ce détail importe peu, dans la mesure où chacun ressent la même chose envers l'autre, l'indifférence la plus totale, alors qu'ils pensent hériter de 100 pataaates (pardon, de 100 000 nouveaux francs) !!! Le jour où ils perdent la totalité de leur « gain », ils vont pourtant gagner une richesse toute aussi grande, si ce n'est plus : celle de l'amour fraternelle. Bernard l'évoque d'ailleurs lui-même :
« On est frangin, ça vaut toute les thunes du monde ! ».En effet, la suite du film lui donnera entièrement raison. Réunis pour le meilleur et surtout pour le pire, cette nouvelle famille va apprendre à s'entraider, tout en se découvrant de nombreuses affinités, comme par exemple l'art d'être papa. Auparavant, il leur faudra néanmoins passer outre certains préjugés, de l'homophobie au racisme, en passant par la différence sociale. Ils n'auront de cesse alors de se détester et de se fâcher, avant d'en venir jusqu'aux mains. Fort heureusement, les liens du sang seront plus forts que tout. C'est alors un très joli message d'amour que nous offrent les Inconnus à travers ce film, malgré une drôlerie et un ton absurde omniprésents.