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L'orphelinat : Reactions Des Lecteurs [page 1]

Par La Rédaction - publié le 01 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h41 - 0 commentaire(s)
Excessif/Dvdrama a eu le plaisir d'inviter les vainqueurs fu concours L'Orphelinat à la projection de ce film fantastique espagnol. Comme d'habitude, vous êtes nombreux à nous avoir envoyé vos réactions à chaud. Des commentaires souvent très argumentés qui méritaient une publication.

L'ORPHELINAT
El Orfanato (Espagne - Mexique)
Un film de Juan Antonio Bayona
Avec Belén Rueda, Fernando Cayo, Roger Princep, Mabel Ribera, Géraldine Chaplin
Durée : 2h29
Sortie prévue : courant 2008
> Site Officiel


Après un très léger retard (qui équivaut au temps de pub dans les multiplex… donc rien de grave) le film commence sur un joli générique très court mais immersif, qui donne le ton ! Rassuré, le film sent bon le cinéma fantastique espagnol qui revient sur le devant de la scène depuis le médiatisé et très bon Les Autres d'Amenabar. C'est un fait le cinéma Espagnol n'en est plus à la simple confirmation de cette renaissance du fantastique européen. Il est là, bien installé en digne représentant du ciné de genre européen (il n'y a qu'a voir tous les « chef d'œuvres » que l'Espagne nous a offerts : La Secte Sans Nom, Les Autres, L'Echine Du Diable, Abandonnée, Darkness, Mes Chers Voisins, Le Labyrinthe De Pan, Fragile, Le crime Farpait, 800 Balles, Box 507, Blackwoods, Torrente, Etc…). L'Orphelinat viendra-t-il s'ajouter à une liste déjà bien longue ?
Suite à ce sympathique générique, ainsi qu'un « flash-back » qui nous indique que l'on est bien devant un film fantastique, l'Orphelinat introduit ses personnages dans un environnement tout à fait banal, rationnel où une ancienne pensionnaire s'installe, avec sa famille, dans un orphelinat abandonné afin de créer un centre pour jeunes handicapés. On fait donc la connaissance d'une famille normale, heureuse, partageant des moments anodins comme n'importe quelle autre famille.
Petit à petit le réalisateur va instiller dans son film des éléments fantastiques, via le fils (les parents justifiant certains évènements par le rationnel) et via l'orphelinat : on a droit aux classiques grincements, claquements de portes, bruits de pas sourds très légèrement appuyés par la musique du film loin d'être omniprésente (bon point !). Cependant il n'y a pas d'abus, car tous ces codes du fantastique sont transcendés par une réalisation toujours en mouvements (d'ailleurs le film est visuellement très beau que ce soit au niveau des couleurs, de la photo et des décors). Malgré cela le film va légèrement (volontairement ?) stagner (ce qui ne veut pas dire qu'il y a des longueurs et que l'on s'ennuie, bien au contraire !) pour ensuite nous réveiller via une scène choc avec un personnage entraperçu plus tôt dans le film !
A ce moment le film bascule complètement dans le fantastique (la mère n'est plus rationnelle tandis que le mari déjà peu présent s'efface au fur et à mesure) voire dans l'exorcisme lors d'une scène avec Géraldine Chaplin (oui, oui, la fille de Charlie Chaplin !) qui ancre définitivement la mère dans le fantastique (fiction ?) et écarte son mari rationnel (réalité ?). Le film se conclut merveilleusement bien sur une note poétique tel un conte.
En l'état le film aurait été parfait ! Pourquoi alors rajouter cette dernière scène explicative atténuant la beauté de l’ensemble ? Parce qu'aujourd'hui la plupart des spectateurs pensent que le cinéma c'est juste des images qui se suivent laissant leur cerveau chez eux, pour plébiscité des films bœuf. Parce que ces mêmes films prennent, du coup, les spectateurs pour des cons en leur sur-expliquant une fin, par exemple, qui serait à la portée de n'importe quel spectateur lambda si celui-ci se donnait la peine d'un minimum de réflexion ! On peut donc se poser la question sur la nécessité d'une telle scène (aurait-elle été rajoutée au dernier moment ? a-t-elle été imposée par les producteurs ?) Si bien que tout ce qui fait la magie d'une telle fin, c'est-à-dire sa libre interprétation suivant les croyances et les sensibilités propres à chaque spectateur (à savoir, si ce que l'on voit est réel ou pas même si à y réfléchir la fin ne laisse aucun doute) est fortement diminuée.
Malgré cette petite note négative l'Orphelinat reste un magnifique film espagnol (encore un) qui me rappelle à quel point notre cinéma est d'une pauvreté affligeante alors qu'une toute petite chaîne de montagne nous sépare ! Gageons que les prochaines productions françaises relèvent le niveau (A l'intérieur, Frontière ?) mais je ne me fais pas d'illusion, même si ces films sont (peut-être ? sûrement ?) des bombes cela ne fera pas bouger les choses chez nous pour autant (remember Le Pacte des loups, Haute tension ou encore 36 quai des orfèvres).


Ma fille m'avait dit que c'était un film d'horreur et en général c'est pas mon truc. A ma grande surprise j'ai trouvé ce film très bien fait, suspense garanti avec des moments d'angoisse, la musique correspondait bien aux scènes. L'actrice est très impressionnante dans son rôle. En tout cas la séance ne m'a pas parue longue puisque le film nous tenait en haleine. A recommander.


Beau drame traitant de l'enfance et de la différence sur un mode fantastique, L'ORPHELINAT est une merveille. Véritable concentré d'émotions, le film allie le fond et la forme avec élégance et maestria sans négliger de vrais moments d'angoisse et de pure peur. Surfant sur les terreurs enfantines, L'ORPHELINAT distille un indicible malaise et renvoie le spectateur à sa position impuissante, position que l'on peut ressentir étant enfant, face aux grands. Le film se conclut sur un twist d'un pessimisme radical, malheureusement un peu trop vite compensé par un mini-twist certes intégré à l'histoire, mais un brin trop correct.


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