1. >
  2. >
  3. >
  4. >La Bande A Baader, Une Sanglante Histoire [page 1]

La Bande A Baader, Une Sanglante Histoire [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 13 novembre 2008 à 12h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h33 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la sortie le 12 novembre de La bande à Baader, le dernier film d’Uli Edel, il semble judicieux de revenir sur cette période douloureuse de l’histoire allemande que l’on a très justement appelée « les années de plomb ».



Au sortir des événements des années 1960 en Europe et dans le reste du monde, l’Allemagne comme ses voisines va connaître une période plus que troublée, subissant actes terroristes, enlèvements et autres assassinats politiques. Sur fond de Guerre froide, de lutte anticoloniale et d’émergence démographique d’une nouvelle génération de jeunes issues de l’après guerre, une vague révolutionnaire oscillant entre les idéologies sociales les plus diverses et souvent les plus radicales, emporte alors la République fédérale allemande dans un tourment dont elle ne se remettra qu’au sortir des années 1990. Parmi d’autres mouvances aussi militarisées qu’extrémistes comme les Brigades rouges ou Action Directe, la Fraction Armée Rouge s’impose ainsi comme un modèle aussi redouté qu’expéditif. Surnommé également la Bande à Baader, du nom d’Andreas Baader, l’un de ses fondateurs, ce groupuscule aux méthodes et aux idées plus que douteuses va en effet nourrir la chronique et faire frémir nombre d’allemands durant plus de vingt-huit ans.

Un groupuscule révolutionnaire né du tumulte des années 60

Prenant naissance le 2 avril 1968 de l’action conjuguée d’Andreas Baader et d’Ulrike Meinhof, tous deux grandement aidés par Gudrun Ensslin, cette mouvance d’extrême gauche nourrie au maoïsme révolutionnaire s’appuie sur des méthodes radicales pour imposer ses idées et ses projets. Ainsi, passera-t-elle des chantages et petites extorsions du début aux opérations de véritable guérilla menées sur le sol allemand, pour notamment dénoncer la nécessité de renier la génération qui vit arriver au pouvoir le parti nazi en Allemagne et l’y fit prospérer, tout en vouant ensuite y succéder. Multipliant les attentats, les actions d’envergure et les enlèvements tout en ne cessant pas d’être actif, la Fraction Armée Rouge n’aura dès lors de cesse d’exister et de le faire savoir jusqu’en avril 1998, date de son autodissolution.

Plus gros budget de l’histoire du cinéma germanique, La Bande à Baader s’intéresse donc à un sujet éminemment polémique et politique, le sort troublé de la RFA des années 1960 à la réunification. En effet, en considérant la période sous l’angle retenu, Uli Edel, le cinéaste responsable de Moi, Christiane F...13 ans, droguée et prostituée, s’attelle à un travail considérable, sonder la mémoire de l’époque et retranscrire son ambiance dans toute sa complexité. Le tout en mettant à jour avec un grand réalisme factuel, ce que fut l’une des organisations secrètes les plus meurtrières de l’après guerre en Allemagne de l’Ouest.



Sans conteste, la Fraction Armée Rouge eut un impact considérable sur la vie politique des allemands et leur quotidien près de trois décennies durant. Ainsi, même si elle n’eut pas une destinée linéaire, elle contribua à modeler durablement, dans la violence et le sang, l’atmosphère de ces années. Sa pérennité est d’ailleurs suffisant notable pour qu’on la remarque et qu’elle soit prise en compte. L’organisation mua considérablement durant ces trente années et connut plusieurs périodes distinctes quant à ses activités et orientations. Néanmoins, malgré le temps et ses divisions, une constante demeura au fondement de son action : l’illégitimité de sa cible principale, le gouvernement ouest-allemand, qui demeura jusqu’à la fin à ses yeux dangereusement terroriste.


Vos réactions


logAudience