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La Bande A Baader, Une Sanglante Histoire [page 3]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 13 novembre 2008 à 12h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h33 - 0 commentaire(s)
C’est alors à ce moment que l’on observera une évolution des actions de la Fraction Armée Rouge et surtout de profondes divisions en son sein, une fois sa « tête » décapitée. Fortement perturbé par le pacifisme qui anime la décennie et face au peu d’effets des actions violentes, le mouvement perd indubitablement en unité et se disloque en nombre de groupuscules indépendants ayant des approches et des intérêts variés.



C’est dans cette optique d’ailleurs qu’il faut comprendre comment a perduré la Fraction Armée Rouge malgré l’apparition de faiblesses évidentes et l’absence relative d’actions d’éclat. En effet, la division affaiblit l’ancienne structure et seules des tentatives isolées font survivre les restes de la Bande à Baader-Meinhof. Ainsi, assiste-t-on en 1985 à une fusion entre les rares héritiers de la Fraction Armée Rouge et le groupe terroriste français Action Directe. Sans effets autres que des assassinats ciblés contre des grands patrons – celui de Siemens en 1986, celui de la Deutsche Bank en 1989 ou celui d’un ancien haut responsable Est-allemand en 1991. C’est ainsi dans le même esprit qu’il faut saisir la survivance jusqu’aux termes des années 1990 via les Cellules Révolutionnaires, d’un ensemble de membres qui perpétue l’action de la RAF - à savoir la perpétuation résiduelle et individuelle d’actions depuis longtemps éculées mais toutes aussi meurtrières. Cela durera jusqu’en 1992, date de la renonciation à toute forme d’attentats par ces derniers membres, ce qui met fin à l’activité répréhensible de la Fraction Armée Rouge, avant qu’elle ne soit définitivement actée en 1998 avec un communiqué sibyllin annonciateur d’autodissolution : « Il y a près de vingt-huit ans, naissait dans un mouvement de libération, la Fraction Armée Rouge. Aujourd’hui, nous mettons un terme à ce projet. La guérilla urbaine […] fait désormais partie de l’Histoire. »



Il aura donc fallu attendre presque trente ans pour que disparaisse de la liste des menaces européennes, cette organisation qui rappelle le pire activisme des années 60 et suivantes, celui des terrorismes nourris de guérilla urbaine et de vengeance idéologique. En soi, donc, le film d’Uli Edel a l’ambition de son sujet et l’on ne saurait que trop vous conseiller de vous intéresser à cette noire période de l’Allemagne contemporaine. Parce qu’elle nous renvoie une image de nous-mêmes bien difficile à supporter et qu’elle réactive dans les mémoires, les relents d’un combat morbide porté par des luttes politiques plus que sanglantes.

Jean-Baptiste Guégan
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