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La Crise Economique Au Cinema [page 4]

Par Nicolas Houguet - publié le 09 mars 2009 à 08h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h39 - 0 commentaire(s)
Au fond, tout n'est que poudre aux yeux, la réussite est assez souvent au cinéma totalement trompeuse, comme celle du génial charlatan de Arrête-moi si tu peux de Spielberg. On vit dans un monde de faussaires. L'illusion règne, le système se maintient comme il peut. C'est une ironie assez savoureuse que le cinéma -l'art de la fausseté et de l'illusion par excellence- dénonce régulièrement cette supercherie, ces empires qui s'effondrent comme des châteaux de sable au gré du vent et des marées. Cela pourrait paraître dérisoire si ces entourloupes alambiquées et apparemment abstraites, n'avaient pas d'effets directs sur la vie des gens.



Lorsqu'une telle crise s'installe, on songe à Les Moissons du ciel de Terrence Malick, aux travailleurs saisonniers victimes du chômage, prêts à prendre n'importe quel emploi pour ne pas crever de faim (c'est également le cas dans les Raisins de la colère). On songe au pauvres fermiers du début d'Honkytonk man de Clint Eastwood, aux mineurs désemparés du Germinal de Zola adapté par Claude Berri. Ces spectres désespérés, en temps de crise, reviennent immédiatement nous hanter, comme s'ils avaient toujours été là, au seuil de notre conscience. On sait que notre mode de vie ne tient qu'à un fil, qu'il suffirait d'un crise de grande ampleur pour que l'on connaisse exactement le même sort qu'eux.

Mais le cinéma peut également devenir un refuge. On songe au réconfort que Mia Farrow vient y trouver dans La Rose pourpre du Caire de Woody Allen, pour y oublier un temps les privations de la grande dépression. Le septième art peut témoigner du désarroi également : celui d'une cité cotonneuse et sous le choc après le 11 septembre dans 24 heures avant la nuit de Spike Lee (avec un personnage de trader déprimé).

L'art peut sauver le monde, du moins sa beauté peut elle l'adoucit en insufflant un peu de rêve, un peu d'espoir, un peu d'innocence quand il en est dépourvu. C'est le vieux rêve américain qui refait surface, celui du héros à terre qui se relève, comme le cheval Seabiscuit (un perdant sur lequel personne ne pariait et qui remporta les courses dans les années 30), comme Russell Crowe, boxeur prometteur avant 1929 qui, touché de plein fouet par la crise, reviendra pour devenir champion dans De l'ombre à la lumière.

Lorsque les statistiques deviennent folles, que les illusions de réussite s'évaporent et que l'avenir est incertain, il reste cette force là, fondamentale, celle de gens qui font face à l'adversité et renaissent à une noblesse et une solidarité dont ils avaient peut-être perdu la mémoire.
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