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La famille, cellule de l'angoisse : Faîtes des gosses, qu'ils disaient...

Par Geoffrey CRETE - publié le 07 décembre 2009 à 22h21
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John Carpenter a signé en 1978 avec Halloween un des portraits les plus déstabilisants que le cinéma n'ait jamais offert : celui d'un enfant de six ans qui décide brutalement de massacrer sa sœur le soir d'Halloween, sans aucune raison apparente. Bien sûr, beaucoup d'autres suivront, et plusieurs ont déjà vu le jour, mais le malaise de la caméra subjective qui désigne automatiquement l'enfant comme une menace restera longtemps ancré dans les mémoires des cinéphiles. Contrairement à Rob Zombie qui creusait l'enfance misérable et torturée de Michael Myers pour justifier la démence à venir, Carpenter ne donne aucune raison, aucun mobile, aucune excuse. Ce qui rend d'autant plus terrifiante son histoire : n'importe quel enfant peut subitement avoir le goût du sang dans la bouche. 
 

Halloween
 
Cousin cultivé et surdoué de Mike Myers, Joshua est quant à lui l'enfant parfait. Intelligent, calme, attentif, paisible et poli, il joue même du piano. Mais lorsqu'une petite sœur fait son apparition, son petit monde s'en retrouve chamboulé. Rarement un film aura présenté un enfant aussi sournois armé d'une intelligence sans failles. La raison - la jalousie - étant à peine esquissée, c'est surtout le désespoir d'un père qui ne reconnaît plus son propre sang qui fait de Joshua un film marquant. 
 

joshua_6
 
Chose assez rare puisque généralement, les scénarios favorisent le déballage pseudo psychologique pour donner des éléments de réponses à la question du « Pourquoi ? ». Pourquoi la Sadako de Ring tue ceux qui regardent sa mystérieuse vidéo ? Parce que ses parents l'ont séquestrée et condamnée à mourir de faim et de soif au fond d'un puits. Pourquoi le Adam de Godsend, L'expérience interdite devient brutalement effrayant et anormal à ses huit ans ? Parce qu'il est mort à cet âge là et que ses parents l'ont cloné. C'est finalement le monde lui-même qui force ces enfants à dévoiler leurs pulsions les plus violentes.
 
Qu'est-ce qui pourrait être plus effrayant que de voir votre parfait petit bambin se transformer en monstre sanguinaire ? Probablement se rendre compte que c'est le cas pour tous les enfants ! Dans Le Village des damnés, les femmes d'un petit village tranquille de l'Angleterre accouchent toutes d'étranges enfants blonds. Extrêmement doués, déstabilisants et télépathes, ils vont peu à peu se regrouper et agresser les habitants. Ceux qui ont vu le film de Wolf Rilla ne peuvent plus fixer un enfant suédois de la même manière depuis...
Autres groupes de mioches sanglants : Ils, The Children et Eden Lake. A priori inoffensifs, ces enfants vont pourtant se révéler aussi violents qu'ingénieux en s'attaquant aux adultes.
 

Le village des damnés
 
A ne pas négliger : le facteur fantastique. L'âme humaine est bien souvent noire et corrompue, mais qu'en est-il des forces démoniaques ? Quel meilleur moyen de revenir sur Terre que derrière les yeux innocents d'un jeune enfant ? C'est certainement ce que s'est dit l'Antéchrist en prenant l'apparence du petit Damien dans La Malédiction. Ou Pazuzu en choisissant la pauvre Regan dans L'Exorciste. Ou le mignon petit bébé de It's Alive : peu importe ce que c'est exactement, quelque chose ne tourne pas rond chez lui ...
 


Même lorsqu'ils ne sont pas directement en cause, les enfants restent le vecteur le plus dérangeant de la peur. Que ce soit la Reine Rouge du premier Resident Evil, conçue à l'image de la fille de la programmatrice, qui explique froidement et mathématiquement aux personnages les raisons de leur mort certaine, ou Identity et le morceau le plus innocent de la personnalité qui se révèle le plus machiavélique. Décidément, il ne fait pas bon d'être un bambin sur grand écran...

 

Resident Evil


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