Comment ? Vous ne connaissez pas Harry Potter ? A moins d'avoir passé les 10 dernières années à compter les manchots empereurs sur la banquise, voilà bien quelque chose qui ne peut être. Harry Potter, c'est tout d'abord un succès phénoménal en librairie, une saga en sept tomes qui ont fasciné le monde entier (qu'il était long, le temps de sortie entre deux romans...). Mais c'est aussi un incroyable braquage au box-office mondial, des films placés parmi les événements des sorties cinématographiques de l'année.
Harry Potter et le cinéma, c'est une belle histoire d'amour. Le studio Warner peut se féliciter d'avoir acquis les droits de la saga et, depuis 9 ans, nous offre une saga riche... Mais inégale. Retour sur des films qui auront envouté petits et grands.
Le respect de l'univers de J.K. Rowling
J.K. Rowling, la maman du jeune sorcier (né dans son esprit lors d'un trajet en train !), a participé activement à la construction des films. Pas seulement sur le point de vue scénaristique, mais aussi dans la mise en place de l'univers, refusant parfois l'incrustation de petits éléments magiques dans le décor, estimant que cela n'avait pas lieu d'être. Et il était très important, la Warner l'a bien compris, d'écouter avec attention les suggestions et réfutations de l'écrivain. Harry Potter, c'est avant tout des milliers de lecteurs dans le monde ! Il n'était pas question de les décevoir, sous peine de révoltes et d'émeutes mondiales.
C'est un pari réussi ! L'imaginaire de
J.K. Rowling, qui est devenu l'imaginaire collectif des lecteurs, explose à l'écran. En cela, si
Harry Potter à l'école des sorciers (le plus enfantin des films) n'est probablement pas le meilleur opus de la saga, il permet une bonne introduction dans l'univers visuel des sorciers. On se souviendra tous de la première apparition du majestueux château de Poudlard, du premier match de Quidditch, de la voie 9 ¾... Tous ces éléments deviennent presque réalité, quasiment palpables. Mais il y a une autre raison justifiant l'indispensable participation de
J.K. Rowling à la création de Harry Potter.
Une saga cinématographique et littéraire en construction
Le premier roman consacré aux aventures de Harry Potter a été publié en 1997. Le succès n'ayant pas tardé, les studios se sont empressés d'acquérir les droits de la saga, et de la faire naitre sur grand écran.
Harry Potter à l'école de sorciers sort au cinéma à la fin de 2001. Les romans, à ce moment là, n'en sont qu'au tome 4 (
Harry Potter et la Coupe de Feu, publié en 2000). Chris Colombus, le réalisateur du premier Harry Potter, rempile pour un deuxième film, et
Harry Potter et la chambre des secrets sort en 2002. Quant à
J.K. Rowling, elle mettra 3 ans à écrire
l'Ordre du Phoenix, le tome 5 de sa saga (publié en 2003).
Pourquoi cette fastidieuse énumération de dates ? Parce que, alors que la saga cinématographique est rapidement mise en chantier par la
Warner,
J.K. Rowling n'a, elle, pas fini d'élaborer les aventures du jeune sorcier. Sa participation à la construction des films est donc essentielle, l'écrivain donnant au fur et à mesure de l'avancement de son travail des indices nouveaux, des éléments à mettre en exergue dans les films. Une participation qui devient par ailleurs de plus en plus indispensable, puisque les romans deviennent de plus en plus longs... et de plus en plus riches. Et donc de plus en plus difficiles à adapter. Autant peu d'éléments ont disparu, au cours de l'adaptation, dans les films 1 à 3, autant, à partir du 4 (
Harry Potter et la coupe de feu), certains vont commencer à grincer des dents en voyant l'histoire sacrément allégée. Et c'est surtout
David Yates (
Harry Potter et l'ordre du Phénix et
Harry Potter et le prince de sang-mêlé) qui fera les frais de ces coupes scénaristiques. Qui reste approuvée par
J.K. Rowling. Et, finalement, on ne peut qu'admirer une certaine cohérence admirable entre tous ses films, différents, mais se respectant.
De même, chapeau pour le choix des acteurs, qui s'inscrivent parfaitement dans l'univers créé par J.K. Rowling. Des rôles pas toujours faciles, car ayant bien souvent tendance à la grandiloquence un poil théâtrale. Pourtant, à l'écran, nombreux sont ceux qui crèvent l'écran : Daniel Radcliffe, Emma Watson ou Rupert Grint font des Harry, Hermione et Ron très vite adoptés par le public, et qui grandiront et vieilliront en notre compagnie tout au long des 10 ans de la saga cinématographique. Alan Rickman et sa voix et physique inquiétants explosent dans la froideur de Severus Rogue, Gary Oldman effraie avant de rassurer en Sirius Black, Ralph Fiennes joue un Voldemort admirable, inquiétant sans hausser la voix (et pas ridicule, même avec un maquillage pas facile à porter), Imelda Staunton campera une Dolores Ombrage effrayante de vices cachés, Richard Harris et Michael Gambon sauront donner vie à Albus Dumbledore... Et la liste est longue. Le travail sur la forme (les personnages, les décors,...) aura aussi donné vie à Harry Potter, et créé un lien certain, quasiment sentimental, entre le public et les films...