Avec la sortie en salles d’
Envoyés très spéciaux, mensonge et prise d’otages fictive se mêlent pour composer une comédie au scénario inattendu. Offrant ainsi l’opportunité de voir comment ces thèmes se déclinent à l’écran, le dernier film de Frédéric Aubertin nous donne l’occasion de questionner la représentation au cinéma, le fait de prendre un otage ou d’en être un. Petite rétrospective.
Les ressorts d’un tel intérêtLe cinéma depuis qu’il existe, s’est fait une spécialité des histoires de gangsters et de leurs méfaits. Ainsi, parmi la multitude d’actes illicites qui leur soient connus et que le medium documente, il en est un qui marque : la prise d’otages. En effet, ce sous-genre du film policier pouvant aller jusqu’à interroger le film politique, propose à son spectateur et plus encore à ses auteurs, un modèle de huis clos comme la réalité en offre peu. Par son potentiel dramatique et la tension induite qu’il génère, le sujet est d’emblée intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il permet une empathie formidable et surtout inscrit ceux qui le subissent autant que ceux qui le pratiquent, dans des dispositions particulières.
Le potentiel tragique et héroïque de ce sous-genre est effectivement considérable. De surcroit, par le fait qu’il suppose une captivité forcée en milieu ordinaire, il présente et offre une rupture manifeste avec le quotidien, tout en s’inscrivant dans le fait divers édifiant. Chacun peut sans conteste se projeter dans ce type de situation et plus sûrement encore les vivre.
Dès lors, penser la prise d’otage et la filmer augurent de deux choses qui se renforcent : toucher tout le monde et offrir un cadre qui fasse que l’on sorte des schémas psychologiques habituels pour toucher aux limites des comportements humains. Et c’est notamment pour ces raisons, cet écart et l’exploration de ces frontières que le cinéma de prise d’otages, essentiellement anglo-saxon, se compte par centaines et offre pléthore de ramifications et de subtilités.