Les compétions annexes et parallèles, label et terrain d’explorationLes sélections parallèles ont ce charme trop rare, cette vertu qui manque parfois tant à la folie des sélections officielles : le mystère, le danger et la fascination face à l’inconnu. En effet, en accolant les uns à la suite des autres, des noms de cinéastes exigeants tout juste réputés à ceux d’illustres inconnus, ces listes qui aux oreilles des néophytes sonnent comme autant d’incantations ésotériques, renferment en vérité les grands noms du cinéma de demain et contiennent en germe ces films qui nous enchanteront lors de ces trop longues semaines où ne sortent que des comédies pré mâchées et autres produits du cinéma industriel. Car ce sont surtout ces manifestations du clair obscur qui vont faire surgir tel métrage ou tel auteur ; ce seront-elles qui vont amener à lui un autre panel de spectateurs, inciter critiques et public à le suivre ou s’il est déjà prometteur à l’encourager encore et encore. Et il est raisonnable de penser qu’au regard de la qualité de leurs sélectionneurs, se dégagera une sorte de labellisation festivalière moins populaire mais plus cinéphilique qui apportera au film marqué d’un tel sceau, le parfum si capiteux et enivrant du cinéma d’auteur, celui qui dans sa grandeur, ne se conçoit pas uniquement pour des consommateurs, avides de sucreries et de torpeur. Souhaitons nous que cette trente-neuvième édition de la Quinzaine nous apporte autant de satisfaction que la précédente qui réunissait - excusez du peu – la future Caméra d’or avec
12h08 À l'est de Bucarest, les Anges exterminateurs de Brisseau, le monumental
Bug de Friedkin ou encore parmi tant d’autres très bons films de 2006, le très Nouvelle Vague
Dans Paris de Christophe Honoré.

Les films qu’il faudra peut-être suivre et voirParmi les films retenus cette année, quelques uns interpellent, attirent l’attention au su des filmographies de leurs auteurs ou bien suscitent l’impatience. Ce sera le cas notamment de
la Question humaine de Nicolas Klotz, film qui clôt avec
la Blessure ses interrogations sur la mort, la Shoah et la création d’un langage propre au cinéma capable d’en exprimer l’horreur. Notre curiosité nous amènera aussi vers
Elle s'appelle Sabine, premier film de Sandrine Bonnaire, qui se retrouve derrière la caméra pour la première fois à l’instar de nombre de comédiens avant elle et qui, espèrons-le, nous surprendra.
Après lui, le film de Gaël Morel, jeune cinéaste français, attire aussi les regards car son héroïne principale n’est autre que Catherine Deneuve, grande habituée du Festival depuis plusieurs décennies et qui pour la première fois sera en compétition dans la sélection de la Quinzaine.
Au rayon des films qui nous viennent de l’étranger, le dernier film de Gregg Araki,
Smiley Face suscite l’intérêt après le troublant et venimeux
Mysterious Skin. De même, le thaïlandais Pen-ek Ratanaruang est également vivement attendu, lui que nous espérons capable avec
Ploy de connaître la même réussite critique qu’avec ses trois derniers films,
Last Life in the Universe, Invisible Waves et
Mon-Rak Transistor. Enfin, l’on espère vivement pouvoir s’enthousiasmer au vu du film à sketchs,
l’Etat du monde (
Estado do mundo), véritable réflexion sur notre univers contemporain au travers du prisme que constituent six regards de cinéastes aussi importants que Chantal Akerman, l’incontournable Wang Bing, Pedro Costa ou le réalisateur du très intéressant
Syndromes and a Century, Apichatpong Weerasethakul. On songera également au vétéran coréen qu’est Im Kwon-Taek et à son dernier film,
Beyond the Years.

C’est donc une Quinzaine pleine d’espoirs qui se profile, présage de nombre de surprises, de découvertes enthousiasmantes et promesse d’une année cinéphilique riche et vivifiante.