« Julien au début de cette aventure, c’était mon coscénariste et c’est devenu mon ami. C’est assez particulier. Nous sommes devenus très proches, notamment parce que l’aventure a été longue et parfois douloureuse. C’est un plaisir de travailler avec lui et en même temps, c’est difficile à raconter parce que nous sommes arrivés à un stade où il y a une véritable intimité dans le travail. C'est-à-dire que lorsque nous écrivons le scénario, nous l’écrivons à deux mains. Il écrit des scènes, j’en écris d’autres et je pense que les gens seraient bien incapables de voir qui de nous deux a écrit telle ou telle chose. On a une vraie complicité. Nous avons les mêmes goûts, je pense, les mêmes envies. Et une certaine humilité dans le travail qui fait que tous les deux, on essaie de travailler beaucoup. Nous savons que c’est la base de tout. Donc on travaille comme des fous sur le scénario tous les deux. » Jerôme SalleScénariste sur des films aussi variés que
Mais qui a tué Pamela Rose ?,
36, Quai des Orfèvres ou
Faubourg 36, Julien Rappeneau nous reçoit pour répondre à quelques questions au sujet de son dernier travail : Largo Winch – le film. Sorti cette semaine, le film de
Jérôme Salle soulevait une poignée d’interrogations auxquelles le jeune homme s’est fait un plaisir de répondre.
Comment a démarré votre travail sur cette adaptation de la bande dessinée Largo Winch ? Je travaillais déjà avec
Jérôme Salle sur un autre projet. On l'a mis de côté lorsque l'idée de Largo Winch est arrivée sur la table. Jérôme était intéressé et moi qui connaissais la bande dessinée depuis sa parution au début des années 90, j'avais toujours pensé que le pitch de départ et que le concept de Largo se prêtaient à un film qui pouvait avoir une vraie richesse et une histoire vraiment captivante. Tout en considérant la grande difficulté que représentait une entreprise comme celle-ci, j'ai dit à Jérôme que j'étais d'accord pour l'écrire avec lui.
Lecteur de la bande dessinée, vous étiez-vous penché sur les romans originels avant l'écriture du scénario ? Je n'avais pas lu les romans ni vu la série télévisée dont je n'avais pas eu de bons échos. D'ailleurs, pour ne pas me couper l'envie de travailler sur le projet, ni me brouiller la vision que j'en avais, je me suis interdit de la regarder. Je n'avais lu que les bandes dessinées auxquelles j'avais accroché dès le début.
Comment avez-vous procédé pour débuter l'écriture ? Très vite on s'est dit que ce qui nous plaisait le plus dans la série de Van Hamme et Francq c'était la jeunesse avec le concept de départ d'un héritier propulsé à la tête d'un gros groupe économique. On s'est concentré là dessus mais j'ai bien évidemment relu tous les albums pour m'imprégner de l'esprit et essayer de déterminer les éléments qui me plaisaient et ceux qui, en tant que lecteur, me semblaient moins intéressants. J'ai étudié la manière dont étaient construites les intrigues pour me sensibiliser au style de Largo. Ensuite, on a refermé les albums pour ne plus les rouvrir et on s'est inspiré des quatre premiers. On a construit à partir de là notre propre histoire qui est fidèle à l'esprit tout en modifiant certaines choses, en épurant certains aspects et en ajoutant d'autres. L'écriture s'est attelée sur près d'un an et demi.