Largo Winch – le film est incontestablement une réussite ! Oui mais par rapport à quoi ? Nous vous proposons, à l’occasion de cette adaptation de la BD culte de Van Hamme et Francq, de revenir sur les précédentes transpositions au cinéma de l’univers de la bande dessinée franco-belge.
Inutile de revenir sur les maints transferts qu’ont déjà connu les aventures dessinées des auteurs américains : difficile aujourd’hui de passer une année sans avoir la revisite
live d’un comics… Chose beaucoup plus rare pour ce que l’on appelle la bande dessinée franco-belge qui, malgré quelques nombreux titres, n’a pas connu le même essor que son homologue US. Malgré tout, la tendance semble actuellement s’inverser puisque, tandis que nos amis de Hollywood épuisent une à une les séries, le catalogue européen semble encore d’une richesse à peine entamée. Et surtout, les succès au box-office des adaptations de graphic novels et l’intérêt qu’ont suscité certaines histoires (les phénomènes en librairie se faisant de plus en plus présents), ont mis la puce à l’oreille des producteurs qui nous préparent, actuellement, une palanquée d’adaptation toutes plus excitantes les unes que les autres…
Largo Winch fait partie des premiers vrais essais, les cultissimes aventures des personnages de Hergé ou Goscinny s’étant déjà vues plusieurs fois aménager une belle entrée dans les salles obscures. Et chose rassurante, même s’il prend quelques distances et se permet quelques libertés avec le matériau originel, le film de
Jérôme Salle se montre à la hauteur des espérances… Mais croire que la BD au cinéma ne se résume qu’à
Astérix,
Tintin ou
Lucky Luke est une énorme erreur tant on peut compter un nombre improbable de tentatives, souvent très sérieusement capoteuses ! Aussi allons nous tenter de retrouver les quelques trésors qui se cachent derrière toutes les adaptations de classiques. Commençons donc, pour déblayer nos recherches, par mettre de côté tous les essais trouvant l’inspiration dans les écrits du maître René Goscinny.

Puisque nous sommes dans une quête des transpositions live, il est hors de question d’assimiler les films avec les longs métrages d’animation qui firent aussi les grandes heures des héros de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand scénariste de l’histoire de la bande dessinée. Il faut dire aussi que, fort d’un humour exceptionnel, d’une dérision surprenante et d’une passion débordante, le génie sera parvenu à rendre plus humains et plus sympathiques certains personnages, inventés graphiquement par ses amis Morris, Uderzo ou Tabary, que certains héros de chair et de sang ! Légitime donc que ces figures mythiques et ultra populaires se voient adaptées en priorité, l’engouement du public pour ces amis de toujours et de toutes les générations étant certain. Mis à part la pléthore de dessins animés acclamés pour lesquels des personnes telles que
Pierre Tchernia donnèrent leurs voix, les adaptations des aventures imaginées par Goscinny sont les plus nombreuses. A commencer par le Gaulois le plus célèbre de l’histoire puisqu’il cartonna trois fois de suite : avec différents visages, il prît d’assaut les cinémas dès 1998 sous la direction de
Claude Zidi avec
Astérix et Obélix contre César, en 2001 avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre sous le commandement de l’ancien « Nuls »
Alain Chabat et enfin cette année avec
Astérix aux Jeux Olympiques. Inégaux et de qualités incomparables, les trois tentatives permettent tout de même d’offrir une vision variée de l’univers du petit Gaulois et, surtout, de renforcer le statut culte de la BD.