AlegasTim Burton est un réalisateur des plus intéressants à analyser depuis quelques années. En effet, après son ratage semi-complet) de sa version de
La planète des singes, Burton à entamé une vie de couple avec l'actrice Helena Bonham Carter (qui joue depuis dans tout ses films), le plus intéressant étant que le célèbre réalisateur est père de deux enfants maintenant. Alors vous allez me dire : "Mais que vient faire sa vie privée dans ta critique ?"...Patience, je vous explique...
La naissance de son premier enfant survient avant l'écriture de
Big Fish, comédie sentimentale abordant, outre le thème fétiche de Burton (réalité et fantastique mêlés dans le même univers et dont on ne peut dissocier les limites de chacun), les relations père-enfant. On voit déjà à travers le long métrage (surement le plus réussi de Burton après L'étrange noël de monsieur Jack) un Tim Burton qui change, devenant plus mature.
En 2005, deux films du réalisateurs sortent à quelques mois d'intervalles :
Charlie et la chocolaterie et
Les noces funèbres. Dans le premier, on y retrouve l'excentricité légendaire de Burton mais on y trouve une part enfantine beaucoup plus présente, celle-ci venant pour beaucoup du roman du même nom de Roald Dahl. Dans le deuxième, malgré le fait que le film traite du parallèle du monde mort-vivant, il est destiné beacoup plus à un public enfantin. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder L'étrange noël de monsieur Jack ou "Vincent" pour comprendre que l'univers inquiètant et plus personnel de Tim Burton est moins présent dans ces deux films.
En bref,
Big Fish était un film plus adulte, plus réussi. Une preuve que Burton pouvait faire autre chose avec succès. Les deux autres, en revanche, malgré leurs qualités irréprochables, étaient beaucoup moins intéressants du point de vue de l'analyse (car moins matures je pense).
C'est pour cela que
Sweeney Todd m'inquiétait un peu. Comment Tim Burton pouvait retourner dans le genre gothique-sanglant avec sa conscience paternelle acquise ? Le résultat : un chef d'oeuvre absolu, le 3ème meilleur de Burton à mon goût. Pourquoi ? Parce que, déjà, le barbier est interprété par Depp, qui trouve là surement le meilleur rôle de sa vie. D'une démence rare (c'est limite un rasoirophile) et laissant libre cours à sa vengeance, Johnny impressione par sa présence et sa voix (sublime). Pour moi, l'oscar est à lui (sauf si Daniel Day-Lewis, qui d'après les critiques, est tout simplement époustouflant, le lui pique). Sweeney Todd est, à ce jour, le meilleur personnage de l'univers de Burton avec Jack l'éouvantail et William Bloom. Helena Bonham Carter est parfaite, elle aussi malgré la grandeur d'acteur de celui qui se trouve en face d'elle. Son personnage, compliqué, ne se dévoile vraiment qu'à la fin dans une maestria complète. Les rôles secondaires ne sont pas en reste, Alan Rickman et Timothy Spall sont à la hauteur et prouvent encore une fois leur talents respectifs.

Dans
Sweeney Todd, on découvre une nouvelle crainte du réalisateur : celle de tout perdre (femme et enfants). On y découvre aussi une part de vengeance rare chez Burton. On remarque que les méchants sont ceux qui frappent ou humilient les enfants (conscience paternelle en vue). Mais là où Tim Burton fait fort, c'est dans le fait que Sweeney devienne, avec son obstination de la vengeance, tout ce qu'il a combattu. C'est pour cela que le film se conclut sur une "unhappy end", très rare chez Burton, encore.
Certaines scènes sont déjà cultes. Les passages comme celui de la chanson "My Friends", la danse près du fourneau ou encore celui où Sweeney reconstitue son bras (hommage direct à
Edward aux mains d'argent, hommage que l'on peut trouver aussi dans
Charlie et la chocolaterie) avec le plan qui le suit. Le générique de début est sympathique et rappelle celui de
Charlie et la chocolaterie (le sang remplace le chocolat) et les derniers plans restent imprimés sur la rétine par leur force visuelle et émotionnelle. Le film impressione par ses scènes gores osées et sa démence qui colle parfaitement à l'univers de Tim Burton. Plus de doutes : Tim Burton revient en grande forme, prêt à choquer...c'est tout ce que l'on demande.
Petit regret quand même : on aurait aimé savoir ce que Danny Elfman, absent du générique, aurait pu créer comme composition musicale malgré le fait que Stephen Sondheim se débrouille à merveille. Un grand film de Burton à voir absolument.
Note: 9/10 La Critique
Exprimez-vous ! Pour que vos avis à chaud paraissent dans la rubrique "Jour d'après", envoyez les par mail à laurent.tity@dvdrama.com en précisant sous quel nom ou surnom vous voulez être publiés.