Par Christophe Lemaire - publié le 12 juin 2006 à 10h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h59 - 0 commentaire(s)
Le 5 avril dernier, dans l’indifférence des médias la plus absolue, Roger Corman, le roi de la série B hollywoodienne, l’homme qui fit débuter Francis Coppola, James Cameron et Martin Scorsese (entre autres) fêtait ses 80 ans. A cette occasion, pour ce billet d’humeur, nous avons retrouvé une interview presque inédite du maestro dont certaines lignes ont été reproduites dans feu le numéro 2 du magazine Starfix, nouvelle génération. Sa carrière étant immense, les questions ont été posées un peu en vrac sur une heure d’entretien.



Nous avons entendu que vous auriez voulu organiser un combat entre Don –The Dragon – Wilson (NB : acteur de séries B d’action dont certains passent régulièrement sur la chaîne Action) et Jean Claude Van Damme dont le gagnant aurait remporté 20 000 dollars… C’est authentique ?
C’était bien plus que 20 000 dollars ! J’étais en train de travailler sur Bloodfist, l’un de mes premiers films de kickboxing, et j’avais choisi Don Wilson comme acteur car il était à l’époque champion du monde de kickboxing dans la catégorie lourd-léger. Si je ne pouvais pas m’offrir une star de cinéma, je pouvais en revanche me payer le boxeur le plus médaillé du monde à l’époque ! Le rédacteur en chef du magazine d’arts martiaux Black Belt est venu me voir et il n’aimait pas beaucoup Van Damme qu’il considérait plus comme un acteur que comme un soit disant champion de kickboxing. Mais il adorait Don Wilson. Il m’a donc suggéré de proposer un challenge à Van Damme, et c’est ce que j’ai fait. J’ai proposé à Van Damme de rencontrer Wilson sur un ring à Las Végas en lui promettant 100 000 dollars s’il tenait encore debout à la fin du tout premier round ! Van Damme a commencé par ne pas prêter attention à cette histoire, avant de comprendre que ce n’était finalement rien d’autre qu’un coup publicitaire. Il a alors donné sa meilleure réponse : « Je ne me battrai pas contre Wilson, mais bien contre Corman s’il le désire ! ».

Comment êtes-vous devenu réalisateur, et comment vous est venue l’envie de créer une école de cinéma ?
Au début, je ne me destinais pas au cinéma. Mon père était ingénieur et je suis allé à l’université pour faire comme lui. Mais c’est dans la dernière année de mes études que je me suis rendu compte que j’étais fait pour le cinéma. J’ai donc passé mon diplôme et j’ai tout de suite enchaîné avec un poste de coursier à la 20th Century Fox. Je suis passé d’un poste à l’autre jusqu’au jour où j’ai fini par écrire un film et le vendre. Puis, je suis devenu progressivement réalisateur et ensuite producteur.



Le fait d’avoir fait des études d’ingénieur vous a-t-il aidé dans le cinéma ?
Bizarrement, oui. Quand on travaille dans les films à petit budget, il faut être très organisé, très précis et très calculateur car tout doit être optimisé en un temps record. Mes premiers films étaient tournés en dix jours environ, et cela nécessitait une très bonne organisation.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler dans des productions à petit budget ?
Ce n’était pas un choix ; j’avais juste très peu d’argent ! J’ai vendu mon premier scénario pour 3 000 dollars, et, avec mes économies, je n’ai pu réunir que 5 000 dollars en tout. Ensuite j’ai réussi à trouver des petits investisseurs autour de moi et mon budget est passé à 12 000 dollars. Je suis donc parvenu à tourner un film avec cette somme. Et cela a continué ainsi avec d’autres films jusqu’à ce que certains d’entre eux aient du succès et que les studios indépendants se mettent à me faire travailler à droite et à gauche.


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