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Le Che, L'ombre Du Revolutionnaire [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 15 janvier 2009 à 03h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h12 - 0 commentaire(s)
Après avoir vu le parcours de l’homme et s’être enquis des raisons qui en font à l’heure actuelle, une icône sans égale, l’heure est venue de se demander si tout a été vraiment dit au sujet d’Ernesto Guevara. Ainsi, en regardant le diptyque de Steven Soderbergh et en le confrontant à l’histoire personnelle du Che, de multiples zones d’ombre surgissent et ce n’est pas la moindre chose qu’il nous faille explorer.



Un révolutionnaire aux mains ensanglantées
Ernesto Guevara par les responsabilités qu’il occupa durant la Révolution Castriste et au sortir de cette dernière, mérite en effet que l’on revienne sur la part noire de son existence. En effet, le médecin humaniste et révolté de voir comment évoluait le continent de ses amours, par ses choix, a opté pour un engagement des plus particuliers. Loin des actes humanitaires de ses débuts et qui ressortent de Carnets de Voyage, l’ancien étudiant argentin s’est vite orienté vers des actions bien plus radicales et mouvementées. Ainsi, que ce soit au Guatemala, au Venezuela, au Congo, et avant cela à Cuba, le Che a pris les armes. Et c’est autant pour son emphase et ses capacités stratégiques que pour son action arme au poing qu’il a glané ce statut d’icône.

Celui qui fut en son temps la voix de Cuba est et demeure sans conteste un être adepte des coups d’éclats et plus sûrement encore, des actions les plus engagées pour parvenir à ses fins. Marxiste convaincu par la théorie de la Révolution et par ses dommages collatéraux évidents, notre homme s’est manifestement dirigé vers un type d’investissement politique qui tient plus de l’activisme que du militantisme. Ainsi, c’est en soutien de Guzman au Guatemala qu’il officia avant d’être invité à partir pour le Mexique. Et plus sûrement encore, lorsqu’il rencontre Fidel et Raul Castro lors d’un dîner, sa décision va être vite prise. Changer les choses implique une action coordonnée, totale et plus sûrement militaire. Dès lors, le Che bascule dans une veine qui en fait davantage un extrémiste de gauche aux accents révolutionnaires qu’un acteur politique décidé au consensus. Certes, d’aucun penseront et diront sûrement que si tel n’avait pas été son choix, il ne serait probablement pas devenu ce qu’il est aujourd’hui et que Cuba n’aurait pas été libéré.



Mais c’est justement parce qu’on ne le présente pas d’une manière honnête et complète, le temps aidant, qu’il faut revenir sur la réalité de son parcours : Che Guevara est un rebelle, un révolutionnaire et un activiste armé de la cause qu’il défend. Et pour cela, il tuera et demandera de tuer. Ainsi, lorsque Steven Soderberg met en situation ce dernier au moment de l’exécution de traîtres, c’est lui qui donne l’ordre, endossant la responsabilité d’un jugement expéditif, typique d’une justice révolutionnaire enflammée et sans mesure. Mais ce qui est plus dérangeant, c’est que le cinéaste à qui l’on doit Sexe, mensonges et Vidéo, ne nous le montre pas comme il fut réellement. En effet, sans dire qu’il minimise cette dimension de l’icône argentine, il faut bien reconnaître que dans son ambition d’une juste distanciation, il ne s’y attarde pas ni ne s’y arrête.


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