Par Gilles Botineau - publié le 12 août 2009 à 09h03 ,
MAJ le 26 septembre 2009 à 03h14 - 0 commentaire(s)
En seulement quatre films, Djamel Bensalah a su s'imposer aux yeux du public mais aussi des critiques, en tant qu'auteur et réalisateur à part entière. Dix ans après la sortie de son premier long métrage, certainement le plus connu et le plus apprécié, Le ciel, les oiseaux et... ta mère !, Djamel Bensalah se révèle avant tout comme un cinéaste passionné. Passion pour sa culture d'une part, celles de ses origines et de son parcours, pour le Septième Art d'autre part.
A l'occasion de la sortie en salle cette semaine de Neuilly sa mère, écrit et produit par Djamel Bensalah, retour sur une oeuvre aussi atypique que sympathique.



Un regard sur le monde
Au commencement, il y eut la comédie. Djamel Bensalah fait ses débuts dans le cinéma à l'âge de 15 ans face caméra. Il est acteur. Loin d'être une vocation, ce poste lui offre une place de tout premier choix sur les plateaux de tournage, où il observe le travail de chacun. Dès lors, sa décision est prise. Il sera metteur en scène. Parallèlement à ses études, il réalise ainsi quelques courts métrages. Parmi eux, le troisième, intitulé Y a du foutage dans l'air, réunit deux jeunes acteurs encore peu connus du grand public, Julien Courbey et Jamel Debbouze. Le film reçoit un si bel accueil qu'il servira de base trois ans plus tard au premier long écrit et réalisé par Djamel Bensalah. D'une histoire d'à peine 18 minutes, le cinéaste crée alors une véritable chronique qui se concentre sur une bande de banlieusards parisiens décidant de partir en vacances pour la toute première fois, puisque jamais sortis de leur cité. Ils se retrouvent donc dans le Sud-Ouest de la France, plus précisément à Biarritz, se promettant fous rires, délires, drague et farniente. Mais ils ne dégusteront en fait que la saveur des lendemains qui déchantent. Leur personnalité d'adulte se révélera également au contact d'un monde qu'ils ne connaissent et ne maîtrisent pas. Au final, Le ciel, les oiseaux et ta mère connait un véritable succès, aussi bien public que critique.

Au delà de cette réussite, le film révèle surtout une nouvelle génération de comédiens, à savoir Jamel Debbouze, Julien Courbey et Lorànt Deutsch, sans oublier Olivia Bonamy. De la même façon, l'oeuvre permet à Eric Judor et Ramzy Bedia de faire leur premiers pas au cinéma, tout comme Ludivine Sagnier, sous l'oeil bienveillant de l'excellent Sam Karmann. Bien sûr, on peut toujours reprocher à ce long métrage un scénario un peu trop simple, basé sur une succession de saynètes parfois gratuites, mais toujours bon enfant et à la fraîcheur indéniable. On n'avait encore jamais vu ça au sein du cinéma français. Le ciel, les oiseaux et ta mère se veut presque le pendant humoristique de La haine, sorti quatre ans plus tôt. Le ton a beau être différent, le fond ne diffère que très modestement. En effet, ces deux films portent un regard finalement assez juste sur la réalité de nos cités, ses moeurs et ses cultures.
Rythme effréné, dialogues irrésistibles (« Les gonzesses, plus tu les jettes, et plus elles reviennent comme des petits lapins »)... En seulement un long métrage, Djamel Bensalah fait donc preuve d'un véritable talent qui ne demande qu'à s'épanouir. Culte pour certains, divertissement très agréable pour d'autres, Le ciel, les oiseaux et ta mère a véritablement marqué son époque. L'avenir du cinéaste semble alors tout tracé.


Vos réactions


logAudience