Des perspectives réjouissantes et prometteusesCependant, malgré une vision si sinistre de la situation du cinéma en Afrique, l’espoir existe et il est temps d’insister davantage sur la promesse d’un rebond que sur le constat facile d’une si criante fragilité. En effet, le cinéma africain existe et il résiste et il n’a jamais autant produit qu’aujourd’hui.
Tout d’abord, les mécanismes d’aide internationale au développement et à la coopération malgré leurs défauts permettent de financer des tournages et la création de structures dans la droite ligne de ce que font déjà les puissants pays d’Afrique comme le Maroc, auteur d’une politique aussi volontariste que payante. Ensuite, en sus de cela, avec les nouvelles technologies et les fructueux échanges entre les techniciens, les créateurs locaux et la diaspora, de plus en plus de compétences et de moyens sont acquis pour que se mette en place des filières productives – à petite échelle certes. L’équilibrage des rapports Nord-Sud et les échanges qui en résultent sont ainsi porteurs d’optimisme même s’il faut encore les concrétiser, les affirmer et les étendre.
Et puis surtout, ce qui constitue la vraie raison de croire en un cinéma d’Afrique tient à deux raisons : l’avènement du numérique et la profonde richesse de l’inventivité africaine.
Le numérique tout d’abord permet de faire de considérables économies d’échelle et peut s’appuyer sur des techniques de productions beaucoup conformes aux moyens africains. Ainsi, le Nigéria, pionnier dans le domaine, voit-il sa production en volume arriver au troisième rang mondial pour des films qui en moyenne ne dépasse pas les dix mille euros de budget. Ensuite, l’exceptionnelle faculté des peuples d’Afrique à oser et à dépasser les limites de leur environnement constitue une force non négligeable. En effet, au regard d’un patrimoine d’une richesse inouïe, d’un métissage profitable à souhait et d’espaces sauvages authentiques, l’Afrique du cinéma recèle de trésors en devenir. Mais plus que cela et parce que ce sont les hommes qui le font, le cinéma de ces contrées jouira et bénéficiera de cette capacité inégalée à toujours supporter et dépasser les contraintes établies.
En somme, malgré de rudes et lourds handicaps et en dépit d’un mal-développement chronique qui s’accroit lorsque l’instabilité et la guerre frappent, l’Afrique du cinéma a un potentiel considérable si elle sait faire fi de ses limites et de ses faiblesses structurelles. Tiré vers le haut par des logiques nationales et bien que marqué sensiblement par des disparités criantes et profondes, ce continent peut émerger d’un point de vue cinématographique dans les décennies à venir au regard des hommes et des talents qui l’habitent, le quittent et veulent revenir.

Et qui sait, peut-être ce continent verra-t-il émerger à mesure qu’il se développera, une suite d’industries localement pérennes portées par un élan panafricain ou des ententes régionales qui profiteront aussi bien aux spectateurs, aux producteurs qu’à la multiplication des films. Ainsi, peut-on affirmer non sans optimisme, que le cinéma africain existe et grandit. Dès lors, il reste à croire en cette issue et à apprendre à connaître une cinématographie puissante, riche et qui ne demande qu’à éclore plus encore. Celle de tout un continent, celle qui nous vient d’Afrique.
Sourceswww.afrik.com
www.africultures.com
www.clapnoir.org
Site du cinéma des 3 mondes :
http://placebo.unicaen.fr/cindoc.web/www.cine3mondes.fr/indcine.html