Par Kevin Dutot - publié le 24 janvier 2008 à 10h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h39 - 0 commentaire(s)
Le prochain film de Frank Darabont, The Mist, s’il n’est pas réellement un film d’anticipation dans sa forme, évoque cependant le temps d’une curieuse attaque de brouillard ce que pourrait devenir la société américaine dictée par la peur et le repli sur soi. Il constitue également une terrifiante vision du christianisme et de la religion en générale qui, dans une situation de crise, devient le pire ennemi de l’homme. Nous ne vous gâcherons pas le plaisir de découvrir cette oeuvre passionnante mais en exploitant un filon fantastique, Frank Darabont et Stephen King traçent le portrait d’une société sur le déclin, apeurée et inquiétante.


LA NATURE MORTE...

Impossible de parler du cinéma d’anticipation sans évoquer la galerie de longs-métrages mettant en scène une nouvelle race humaine : le zombi. Désormais trés éloigné du simple mort-vivant qui se fait zigouiller, le zombi ou plutôt le contaminé est désormais une victime des agissements de l’armée, un être mangé par la société de consommation ou encore le terrifiant résultat d’un médicament peu efficace... Certes, Romero en faisait déjà état dans son Zombi où ses créatures se rendaient par instinct dans un centre commercial. Mais le cinéma d’anticipation d’aujourd’hui place définitivement ces « choses » non plus comme d’effroyables anthropophages mais bien comme les jouets macabres d’un monde qui a franchi les limites de la nature... 28 jours plus tard, L’armée des Morts, 28 semaines plus tard, Resident Evil ou plus récemment Je suis une légende ne placent plus leurs intrigues dans un lieu confiné emprunt aux scènes d’horreur étouffantes mais bien dans de grands espaces libres, pour signifier que la contamination est déjà parmi nous et que l’élément déclencheur du virus est inévitable.


Ainsi, le film de Juan Carlos Fresnadillo, 28 semaines plus tard, n’évoque pas simplement une terrifiante attaque de morts-vivants, mais bien l’impossibilité de remettre les choses dans l’ordre. Terriblement sombre et pessimiste sur la nature humaine, le film témoigne dans une certaine mesure de l’enlisement de l’armée dans une mission de réhabilitation de la vie dans un pays. Si on peut établir une comparaison avec les agissements de l’armée américaine en Irak, on peut également y cerner un terrifiant portrait d’un monde qui ne connaît plus de limites, obligé de se confronter à la violences des actes plutôt qu’à réfléchir sur la condition de l’homme. La dimension de nature humaine est une donnée importante dans le cinéma d’anticipation. Dans un cas, elle reprend le dessus et devient dangereuse et agressive (Je Suis une légende, 28 semaines...), dans un autre elle a complètement disparue (Equilibrium, Les fils de l’homme...), elle cherche donc à retrouver un équilibre, une existence afin de reprendre sa place.


Le nouveau millénaire s’est construit un avenir beaucoup moins axé sur les nouvelles technologies, la conquête spatial ou le voyage spatio-temporel. L’être humain est désormais au coeur de la société du futur et sa tendance actuelle à l’auto-destruction pousse les cinéastes à imaginer d’ici quelques années un monde au destin sombre et terrifiant. Le pessimisme est parfois teinté d’une lueur d’espoir mais force est de constater que l’horizon semble s’assombrir au fil des ans et que l’actualité semble ne pas contredire une production de science-fiction de plus en plus tournée vers le mal humain... Le cinéma nous apprend à nous faire une raison et à se projeter dans un avenir proche, certaines choses semblent inévitables. A moins que... ?
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