D'abord connue sous le nom The Royal Imperial Green Rabbit Company, la troupe des Robins des Bois sort de l'anonymat vers le milieu des années 90, grâce à leur pièce
Robin des Bois d'à peu près Alexandre Dumas. L'équipe se compose alors de six membres : Pierre-François Martin-Laval,
Marina Foïs,
Maurice Barthélémy, Pascal Vincent, Elise Larnicol et
Jean-Paul Rouve. Très vite remarqués par l'ex-
Nuls Dominique Farrugia, celui-ci les engage pour participer à
La Grosse Emission, diffusée alors sur la chaîne Comédie!. Chaque soir, leurs sketches rencontrent un immense succès, si bien qu'ils débarqueront sur Canal + dès l'année 99. Sans surprise, c'est un véritable triomphe, et la troupe se révèle être à l'époque l'un des rares intérêts de l'émission
Nulle Part Ailleurs, où ils proposent un humour complètement débile, situé entre l'enfance et la parodie. Le Septième Art ne pouvait donc faire l'impasse sur ces nouveaux talents du rire "made in France". A l'occasion du nouveau film réalisé et interprété par Pierre-François Martin-Laval, alias Pef, retour sur leur parcours cinématographique.
LA FINE EQUIPEL'ensemble de la troupe débute dans un premier long-métrage intitulé
Serial Lover, en 1998, sous la direction de James Huth, futur metteur en scène de
Brice de Nice ou bien encore
Hellphone. Leurs rôles ne sont pas très conséquents mais ont tous un intérêt certain. D'une part, ils côtoient des acteurs confirmés, à l'image d'Albert Dupontel et de Michèle Laroque, et en profitent pour donner la réplique à leur ancienne professeur de théâtre, l'excellente
Isabelle Nanty. D'autre part, ils évoluent au sein d'une oeuvre incroyablement barrée, qui mélange humour noir et absurde avec une intelligence rare, et où les cadavres se ramassent à la pelle. En somme, un délire macabre hautement jouissif, parfaitement dans leur style ! Hélas, le film ne rencontre pas un immense succès, mais permet néanmoins à la troupe de réaliser des premiers "essais" très concluants. Ils ont définitivement la comédie dans le sang !
Un an plus tard, c'est leur "bienfaiteur" qui se propose de les employer à nouveau. En effet, Dominique Farrugia met en scène son second long-métrage,
Trafic d'influence, une gigantesque comédie d'action "à l'américaine", avec de nombreux effets pyrotechniques et autres cascades des plus spectaculaires ! Si le scénario ne se montre pas très original, les gags font souvent mouche et l'ensemble reste assez divertissant. Cependant, le cinéaste commet une grande erreur, celle de "briser" la troupe, en offrant des rôles inégaux à chacun d'entre eux.
Ainsi, Pef et
Jean-Paul Rouve héritent des personnages les plus intéressants (à leur niveau), tandis que les autres doivent se contenter d'une simple "figuration". Par exemple, Elise Larnicol apparaît dans un seul plan (qui plus est en mouvement, donc elle ne fait que passer), et Pascal Vincent, grimé en clown, est parfaitement méconnaissable. De leurs côtés,
Maurice Barthélémy et
Marina Foïs s'en sortent plutôt bien, dans des apparitions certes de courtes durées, mais généralement irrésistibles. Mention spéciale à Marina, dans le rôle d'une fille "paumée", fumeuse de joints. Ce film marque donc une étape importante dans l'histoire des Robins des Bois, et particulièrement leur avenir. Il met le doigt sur les futurs "stars" de la troupe, et en écarte déjà les moins représentatifs. A l'heure actuelle, Elise et Pascal n'ont effectivement pas la chance d'avoir la même carrière que celles de leurs anciens collègues. Peu importe. L'amitié semble plus forte. Ainsi, l'ensemble de la troupe se retrouve réuni moins de deux ans plus tard au sein d'un nouveau film et pas des moindres :
Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, jusqu'à présent l'épisode le plus réussi de la saga. Les voici donc entre les mains d'un nouveau
Nuls,
Alain Chabat. Celui-ci semble les apprécier au plus haut point et réserve à chacun d'entre eux une ou plusieurs séquences constituées de gags souvent mémorables. Certains sont en roue libre (
Marina Foïs, lors de ses longues tirades), les autres continuent de jouer les benêts de service avec un bonheur sans faille (la scène de la catapulte, entre Pef et Pascal). Seule ombre au tableau, l'absence totale d'Elise Larnicol. Un choix regrettable qui, personnel ou pas, continue de gâcher un début de carrière pourtant prometteur.