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Le Coin Du Cinephile : Le Cercle Infernal [page 1]

Par - publié le 04 septembre 2008 à 10h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h54 - 0 commentaire(s)
Peu nombreux sont ceux qui vouent une vénération presque sacrée à Le Cercle Infernal, de Richard Loncraine que les amateurs de fantastique aiment à comparer à Ne vous retournez pas, de Nicolas Roeg. Le moins connu (Le cercle infernal) relate le parcours d’une mère (Mia Farrow, inoubliable), désemparée par la mort de sa petite fille, qui quitte son mari et s'installe dans une demeure victorienne où elle est confrontée à des phénomènes étranges. Dans les discussions cinéphiles, ces deux films-là se posent comme des rivaux car ils ressemblent à deux labyrinthes mortifères où une âme rongée par le chagrin va se faire bouffer par le remord et le lourd poids de la culpabilité. Avant d'être un objet à frisson, ce véritable drame humain sur un deuil impossible surprend par la qualité de son interprétation, la solitude de son personnage, la sobriété de ses effets, la beauté silencieuse de ses plans, la singularité ouatée de l'ambiance, la musique sublime, infernale, de Colin Towns. Un requiem qui hante par sa splendeur entêtante. On ne l'oublie pas et Pascal Laugier ne peut pas l’oublier.

"C’était pour moi une forme de cinéma idéal entre expression personnelle, cinéma intimiste et ce que j’aimais le plus dans la sensibilité féminine du genre avec en plus ce romantisme victorien anglais car tout le film se passe à Londres."



Pourquoi avez-vous choisi ce film pour votre Coin du Cinéphile ?
J’aimerais avoir le Cercle Infernal dans une bonne édition en format respecté, en 16/9, avec la VO. La manière dont il est dernièrement sorti en zone 2 est assez innommable et ça m’a d’ailleurs posé des problèmes à l’époque. Ce film étant une coproduction étrange entre l’Angleterre et le Canada de sociétés qui ont disparu depuis longtemps, on ne sait pas très bien qui en détient les droits. Il faut en refaire un master, mais ça finira pas arriver. J’y crois. Le film est sorti en Allemagne, en France et à chaque fois, avec des copies racleuses du master VHS tout pourri. Et je ne désespère pas de le voir ressortir dans une qualité plus correcte. C’est un de mes films favoris. Je ne le considère pas comme "parfait", c’est juste un des films pour lequel je voue une admiration sans borne. Malgré ses défauts. J’ai pleinement conscience que le scénario est malhonnête et pose vraiment un problème. Mais Le Cercle Infernal me bouleverse à chaque fois que je le vois. Littéralement. A en chialer. C’est la musique de Colin Towns, c’est l’incarnation de l’héroïne idéale (Mia Farrow) avec les cheveux courts…

Dans le même registre, vous n’avez jamais eu une préférence pour Rosemary's baby ?
Je ne sais pas si je le préfère mais je sais que Rosemary's baby est supérieur en tous points à Le Cercle Infernal. A dire vrai, c’est un attachement presque irréfléchi. A chaque fois que je vois Le cercle infernal, j’en pleure…



Qu’est-ce qui vous bouleverse ?
La thématique. L’idée que le fantastique n’est pas un genre abstrait ni même un genre de pure évasion. Je n’aime pas l’idée que le fantastique soit réservé aux joueurs de jeux de rôles, aux gens qui ont un problème avec le réel et qui le fuient. J’ai une tendresse pour ces gens-là parce que j’aurais pu être comme eux mais je me suis soigné de cette tentation d’être un nerd qui a peur des femmes, se moque de ses fringues et de la qualité de sa peau (il rit). Il faut faire attention à tout ce qui tourne autour de la névrose. Bref, le cinéma fantastique n’est pas pour moi un moyen de me protéger du monde pour le fuir. Rapidement, à l’âge de raison, j’ai compris que le fantastique parlait de choses très concrètes. Après, il y a des choses par rapport à votre nature qui vous touchent plus que d’autres. Le deuil, par exemple, me pose beaucoup de questions. Je pense à Ne vous retournez pas, de Nicolas Roeg.


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