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Le Coin Du Cinephile : Mondo Trasho (john Waters) [page 1]

Par - publié le 11 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h52 - 0 commentaire(s)
John Waters a toujours rêvé de réaliser un film interdit aux moins de 18 ans sans sexe ni violence, avec si possible la musique la plus hideuse au monde et des hétérosexuels qui se suicident parce qu'ils n'ont pas la chance d'être homosexuels. Concentré d’idées folles qui reflètent le bouillonnement intérieur d’un cinéaste toqué de blaxploitation et de films interdits, Mondo Trasho annonce l’événement Pink Flamingos qui a permis la découverte d’une icône (Divine, nom choisi en référence aux héroïnes Felliniennes), en attendant celle de l’incontournable Edith Massey (Female Trouble). Le résultat ? Cracra, provocateur, fou, amateur, Baltimorien. Et répugnant, bien sûr. De toute façon, ne cherchez pas: sa récompense suprême, c’est qu'on vomisse à la fin de ses films.

"ce rarissime Mondo Trasho n’est rien de plus qu’un petit film tourné avec des peanuts, à ranger entre son Eat up your make-up et Multiple Maniacs (tout aussi rares)."


Il s’agit du cinéaste Américain le plus génialement fêlé encore en activité. Mais qui donc? John Waters, pardi! Une espèce rare qu’il faut préserver. Beaucoup sont ceux qui ont essayé de le copier ou de l'imiter; ils ne sont jamais arrivés à sa cheville. Dans la vie de tous les jours, John aime les tueurs en série (il voue un culte à Charles Manson); les poubelles de star (il a essayé d’acheter celle de Jackie Kennedy, sans succès); la pornographie (il convie souvent des acteurs/actrices issus du X dans ses productions); la photographie (il expose dans le monde entier des photos prises sur des écrans de télévision, entre autres choses farfelues). Question artistes et références, il cite volontiers Ed Wood, D. W. Griffith, Russ Meyer, R. W. Fassbinder et Andy Warhol. Son film préféré reste Faster pussycat Kill Kill!, délire bimbo sous ecsta. Son ambition dans les sixties seventies ? Mettre en scène le film le plus ignoble de l’histoire du cinéma qui passe en revue les pires perversions humaines qu’elles soient sexuelles ou morales. D’où l’envie pressante de montrer des choses que l’on ne voit pas dans les fictions standardisées de l’époque. Il a atteint un sommet avec Pink Flamingos (1972), course à l'ordure, film-poubelle dégueulasse et exquis. Quoi qu'il en soit – et surtout quoi qu'on en pense –, c'est un événement majeur dans le petit monde de la cinéphilie. Aujourd'hui, John Waters ne fait plus une interview sans qu'on ne lui en parle. Une scène anthologique : Divine remporte le prix de la personne la plus immonde en bouffant une déjection canine. Depuis, à cause du film, il existe une loi aux USA interdisant cette pratique. Moins de dix ans plus tard, nouvel exploit. Pour la première fois au cinéma, on peut sentir le film que l'on regarde. On en rêve, Waters le fait. Ça donne Polyester, film génialement rongé par la bêtise qui marque la rupture entre un cinéma «trash» et un autre, plus mainstream, il propose l'idée enrichissante de gratter des cases odorantes et de permettre au spectateur d'humer lesdites odeurs peu ou prou pestilentielles.


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