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Le Coin Du Cinephile : Mondo Trasho (john Waters) [page 3]

Par - publié le 11 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h52 - 0 commentaire(s)
Comme dans tous les films de John Waters, l’action se déroule à Baltimore. Principalement parce que c’est là où il a grandi et qu’il connaît le fonctionnement des gens qui y vivent. Des gens que le cinéaste décrit comme «drôles» et «sympas» sous prétexte qu’ils rient des choses qui ne sont usuellement pas drôles. Une manière ironique de les assassiner avec humour. Comme plus tard dans Multiple Maniacs dans lequel Divine se fait violer par un homard géant et encore plus tard, A dirty shame, où l’on voit des accrocs du sexe lécher des pneus de voitures, on assiste dans Mondo Trasho à une scène de viol très drôle où l’héroïne se fait lécher les pieds et semble prendre son pied alors qu’elle se fait violer dans les bois. Cette correspondance n’est pas isolée. Tous les films de John Waters, même les plus éloignés (est-ce possible de mettre au même niveau Desperate Living et Serial Mother ?), possèdent des éléments «familiers». Par exemple, dans Serial Mother, une mère de famille rigide (Kathleen Turner) devient tueuse en série comme dans A dirty shame où une mère de famille frustrée (Tracey Ullman) devient une nymphomane délurée. Dans Hairspray, une grognasse est séquestrée par ses parents qui la considèrent comme folle à lier (elle reçoit même les visites de l'hypnotiseur, incarné par John Waters lui-même); comme dans Pink Flamingos où des lesbiennes, enfermées dans des caves insalubres, servent à la procréation.


Dans la même période cheap et marginale que ce curieux Mondo Trasho, on ne saurait également trop vous conseiller ses deux meilleurs films en dehors de Pink Flamingos : Female Trouble dans lequel une adolescente, incarnée par Divine, joue la rebelle en poussant le vice jusqu'à se faire violer par un camionneur (qui n'est autre que Divine en mec – traduction: c'est le premier viol cinématographique d'un acteur par lui-même), cramer la moitié de la figure et finir… très mal. Le film est d'une drôlerie absolue et le récit mène à la même conclusion – abrupte – que Dancer in the dark, des années avant. Le vernis mélo en moins mais avec autant de cruauté. Dans la même veine mais sans Divine, on citera l’excellent Desperate Living qui peut être vu comme un conte de fées cradingue où les images et idées les plus folles sont autorisées. Un film déroutant et gravos qui donne un rôle en or à l'excellente Edith Massey, impériale en Queen Carlotta, entourée d'éphèbes intégralement nus ou en tenue de cuir SM qu'elle aime à reluquer dans des poses très lascives. On en rit encore.



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