EDWARD AUX MAINS D'ARGENTOn peut le dire, Edward est sacrément handicapé. Handicapé parce que, bien évidemment, il n'est pas un être totalement fini. Création d'un inventeur un peu fou, un peu rêveur, celui-ci est mort avant d'avoir achevé son oeuvre, un être vivant en bonne et due forme. Il a bien un coeur, un cerveau, mais il se différencie énormément des autres humains par ses mains encore sous la forme de lames aiguisées. Un état qu'il n'a pas choisi et se doit malgré tout de subir, de supporter, véritable handicap lorsqu'il s'agit d'approcher son prochain, de s'en faire un ami. Quand la peur, le dégoût ou l'incompréhension ne les poussent pas à le rejeter, ses mains d'argent peuvent ainsi les blesser bien contre sa volonté, car il n'est pas totalement maître de son corps. Pire encore, il peut devenir le centre d'attention de personnes mauvaises, intéressées uniquement par son handicap et ne le faisant exister qu'à travers cela, comme une curiosité que l'on pointe du doigt en rigolant.
Edward aux mains d'argent est donc réellement le récit d'une insertion, celle d'un handicapé que Tim Burton va aborder sous de nombreux angles, avec finesse et intelligence pour être personnellement impliqué dans le sujet. Parce que le handicap peut se matérialiser sous de nombreux aspects, toucher chacun d'entre nous de bien des façons. Et finir par nous exclure, comme Edward, victime de la bêtise d'autrui.
LE HUITIEME JOURAlors que le cinéma français a toujours peiné à inscrire à l'écran le handicap de manière crédible et positive,
Le Huitième jour relève le défi et parvient au cœur des années 1990 à émouvoir sans misérabilisme en nous racontant l'histoire de Georges et Harry. En mettant au centre de son récit, le devenir d'un jeune trisomique, Jaco Van Dormael, son réalisateur, fait basculer la vie d'un cadre harassé de travail interprété par Daniel Auteuil. Cet homme qui ne pensait alors qu'en fonction de ce qu'il devait faire, va alors se retrouver face à ce jeune homme. Ainsi,le célibataire bouleversant sa vie et ses habitudes ne se séparera plus de Pascal Duquenne qui joue Georges. Film éblouissant qui refuse obstinément le pathos pour retenir ce regard sur l'autre qui change,
Le Huitième jour est indéniablement de ces métrages qui marquent. En effet, comme de trop rares autres comme
Rain Man ou
Elle s'appelle Sabine, le film qu'a réalisé le cinéaste de
Toto le héros laisse une trace inoubliable par sa sincérité et son apothéose émerveillée. Souvenir formidable et incroyablement positif par le traitement qu'il réserve au handicap,
Le Huitième jour a été et reste comme une belle étape à la fois cinématographique et populaire dans la monstration favorable de la trisomie mais aussi dans le combat à mener contre les idées reçues qui confine à l'exclusion de ceux qui en sont atteints.
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Dossier rédigé par Nicolas Houguet, Jean-Baptiste Guégand, Pitouwh.