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Le Jour D'apres : Quantum Of Solace [page 4]

Par Les Blogueurs - publié le 06 novembre 2008 à 17h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h23 - 0 commentaire(s)
jp33

Martin Campbell avait déjà ressuscité la saga Bond…James Bond en 1995 (Goldeneye). Près de dix ans plus tard, il revenait à la rescousse d’une franchise artistiquement moribonde avec le meilleur opus de la série, Casino Royale, et du coup imposait un nouveau style et un nouveau Bond. Nerveux, bagarreur, sans grand trait d’humour mais un James amoureux. Après la trahison de sa belle et la mort de cette dernière, James partait à la recherche des salauds qui avaient forcé Vesper à trahir l’agent secret anglais. De cet épisode fabuleux, réaliste (toute proportion gardée) et très spectaculaire, les fans du monde entier et les autres attendaient beaucoup du prochain Bond. Toujours interprété par le charismatique Daniel Craig, Quantum of Solace, 22ème opus, est la suite directe de Casino Royale. On démarre en trombe par une séquence pré-générique très efficace (une course poursuite effrénée) où James manque de mourir dix sept fois, avec un homme ligoté dans le coffre de sa voiture de sport. Le générique débute sur une chanson de Jack White et Alicia Keys (très bien) et on est en terrain connu. Celui de Bond mais ce terrain a connu d’énormes modifications. Il ne sera plus jamais le même. L’humour caractérisant Bond y sera absent, ses moments de détente, envolés. L’univers s’est assombri. Bond veut se venger et ça va faire mal ! Devenu un tueur gouvernemental hors de contrôle, que son supérieur tente tant bien que mal de gérer (excellents passages entre M comme Mother et Bond). C’est d’ailleurs elle qui va le guider psychologiquement, la seule qui a ne serait-ce qu’un peu d’emprise sur lui. Sans elle, Bond serait encore plus ignoble. Il tue froidement ses ennemis les uns après les autres par pure soif de vengeance. S’attaquant à une organisation méga secrète (qui ait penser à SPECTRE), Bond va être associé à une jeune femme, qui elle aussi, tente de se venger…



De ce synopsis simple, Marc Foster (A l'ombre de la haine, Stay) et ses scénaristes vont composer une histoire alambiquée où Bond doit tout faire pour retrouver les dirigeants d’une organisation de malfaiteurs haut placés. Et il est vrai qu’on est souvent perdus (qui est qui ?) avec cette avalanche de personnages. Par contre l’intégration à l’histoire de problèmes actuels (les chefs de multinationale pactisant avec les gouvernements des pays pauvres pour le contrôle des ressources naturelles) est fort bien faite. Tout autant que les thématiques de la vengeance et du pardon y sont bien traitées, le scénario avance avec pas mal d’idées brillantes mais malheureusement n’arrive jamais à faire co-exister le tout sans qu’il n’y ait de couacs. Cela manque de liant ! On aimerait croire à tout cet imbroglio mais malheureusement, cela ne fonctionne pas énormément. Car Quantum of Solace est avant tout une succession de scènes de bravoure, plus énormes les unes que les autres, et contrairement à son prédécesseur, pas très vraisemblables (voiture, bateau, avion…). On retrouve bien ici l’univers Bondien, beaucoup de scènes plus pharamineuses les unes que les autres, ce qui enlève beaucoup au charme qu’on avait retrouvé à la résurrection du bonhomme. Là où le précédent faisait très fort, c’était grâce au mélange fort heureux, d’intrigue de série b (le bel agent chien fou rencontre l’amour, et affronte le méchant au poker. Elle le trahit et meurt. Il part la venger.) et de thématiques de tragédie classique, agrémenté de scènes d’action formidables. Mais elles étaient moins présentes tout de même. Ce qui faisait leur prix. Ici on sent bien que les auteurs ont voulu coller leur script au plus près d’une réalité digne d’un Jason Bourne, avec ramifications géopolitiques, ce qui reste intéressant mais pas forcément palpitant.



C’est simple la plupart du temps on n’y pipe que dalle ! Mais on n’a pas le temps non plus de s’appesantir sur le scénario un brin opaque, tant les scènes d’action sont légion. Elles sont formidablement mises en scène, et rien que pour cela, le film reste très recommandable. Elles sont fabuleuses mais restent un brin creuses. Là où un Casino montrait un pré-générique sec et froid (James tue pour la première fois), Quantum lui préfère une course poursuite en voiture. Et c’est là que réside la différence entre les deux œuvres. L’une était plus proche d’un polar avec femme fatale à la clé et l’autre ressemble à un Jason Bourne high quality avec histoire complexe pour pas grand-chose. Les outrances de la saga (le peu de vraisemblance des scènes d’action) sont de retour mais avec une volonté de changement du héros. On retrouve aussi deux ingrédients essentiels à la saga mais là aussi ces deux ingrédients apparaissent modifiés : le méchant et les James Bond Girls. Tout comme dans Casino, le méchant n’est plus le rôle le plus outrancier du film mais celui qui a le plus de classe. Interprété par un Matthieu Amalric assez terrifiant, ce méchant là est de qualité sans être une grosse caricature. Ensuite les girls sont au nombre de deux mais à part avec la rousse où il y a un rapport sexuel vite expédié (autant que son rôle), les rapports de James avec les femmes s’avèrent moins libidineux qu’auparavant. Le héros est désormais romantique dans tous les sens du terme. Sombre et torturé, il n’est plus le cavaleur d’autrefois. Alors est-ce une réelle perte d’identité ? Un changement vers quelque chose de plus froid et de moins drôle qu’auparavant ? Il faut le croire. En l’instance Quantum constitue un divertissement de haute qualité technique, mais malheureusement ne se hisse jamais à la hauteur de son prédécesseur. Il faudra un second visionnage et attendre le vingt troisième épisode (dans deux ans normalement) pour infirmer ou confirmer ces craintes. Et qui sait, Martin Campbell, sera peut-être à la tête d’une nouvelle résurrection du héros dans dix ans !

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