Dernier coup de semonce du côté d'Halloween 6 qui étire jusqu'à l'ultime fibre le filon de son histoire de nièce, de sœur, d'adoption, de bébé, et de changement d'identité qui n'en finissent plus. Attention : la fameuse petite nièce, Jaimie, est désormais une ado jeune maman dont le bébé est la cible d'une secte. On découvrira par ailleurs que c'est cette secte qui manipule le pauvre Michael depuis son enfance et qui l'a forcé à tuer toutes ces malheureuses personnes, que Myers lui-même a enfanté sa nièce entre ce film et le précédent (ça c'est balaise), et que le seul à pouvoir sauver la situation n'est autre que Tommy… Tommy ? C'est qui celui là ? Mais le petit garçon que gardait Jamie Lee Curtis dans le premier film pardi ! Entre un retour de derrière les fagots, un complot général ne visant rien de particulier, et un improbable inceste dont le résultat congénital ne prépare rien de bon quand on sait qui sont les parents, il ne manquait plus à cet épisode que l'immanquable : Donald Pleasence ! Traînant une ultime fois la pâte avant de mourir peu de temps après (à Saint Paul de Vence, pour info) le comédien débarque sans crier garde comme Hadock dans
Tintin au Pays de l'or noir et s'impose comme la cerise au dessus d'un gâteau passablement indigeste.
Halloween est mort, vive Halloween ! Tout a été dit, fait ou refait via des méthodes à la limite du protocolaire jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à essorer de cette éponge asséchée. Le genre lui-même n'a plus aucun espoir de survie, laissant les gamineries prendre le relais. Et paradoxalement, ce sont ces mêmes gamineries qui feront renaître la franchise de ses cendres avec un résultat si soigné qu'il s'impose malgré lui comme une suite plutôt digne des premiers opus.
Scream, c'est un cinéma faussement cinéphilique (par l'encore plus faussement cinéphilique Kevin Williamson) qui rend un vibrant hommage au film de Carpenter avec d'énormes ficelles. Pas de raison que les autres s'affranchissent d’un certains succès (sans parler des Scream-like) sans que le vrai Boogeyman d'origine ne pioche dans le gâteau. D'autant plus que ce sont les goinfres frères Weinstein qui en possèdent les droits désormais, et qu'il faut battre le fer tant qu'il est chaud. En tout cas, ils font les choses bien. Ils demandent justement à Williamson de réaliser son rêve de gosse, d'apporter sa pierre à l'édifice (pour le coup, il ne s'en tirera pas trop mal), et relancent John Carpenter himself et Jamie Lee Curtis pour reformer le trio infernal d'origine.
Finalement, sur les trois, seule Jamie Lee et Michael Myers prendront part à l'aventure, Carpenter n'étant pas sûr de son coup, et ne se laissant pas vraiment entraîner dans un scénar assez loin de ses propres ambitions artistiques. Il préférera se pencher sur
Vampires et finalement, tant mieux. C'est donc un Halloween moderne, new look (H20, pour faire genre) et à fond dans la tendance qui s'accommode à la fois au nouveau public et à l'intrigue monstrueusement touffue qu'ont élaboré les films précédents. L'histoire, assez futée, arrive à se débarrasser des derniers éléments chiantissimes pour revenir au cocktail d'origine. Laurie Strode est désormais une quadra, mère de famille, et à la lisière du psycho qui a pourtant changé d'identité pour fuir qui on sait. Non, elle n'était pas morte. Pourtant, Michael qui se prend un peu pour Mike Hammer en allant fouiller dans les archives de Loomis – et qui charcutera un curieux à coups de patins à glace – finira par retrouver sa trace et décimer les quelques ados qui traînent sur le chemin.

Certes, le casting dégouline comme un pot de miel avec un Josh Hartnet dans sa période mauvais et surtout une rescapée de Dawson (Pas Katie avec ses yeux de cocker, l'autre) parce qu'il faut rester coûte que coûte dans la famille Williamson si l'on veut appâter la clientèle. Certes on y casera un LL Cool J. en agent de sécurité ringard, mais la confrontation tant attendue s'impose comme un spectacle assez chouette où Jamie Lee se la donne à fond façon Ripley dans Alien. Madame se trimballe une hache, son frangin s'agrippe aux tuyaux comme un singe (alors qu'il dépasse généalogiquement la quarantaine) et la confrontation se montre musclée à défaut d'être longue. Tant pis si les nénettes dans la salle de cinéma grommèlent des "Je suis sure que c'est lui…" à chaque fois qu'un bonhomme déboule dans l'histoire en pensant voir un énième
Scream, on prend un certain plaisir à se plonger à nouveau dans quelque chose de familier. En plus, Janet Leigh passe par là en guest star, dans une apparition presque similaire à celle de
Fog (de Carpenter, encore) où elle partageait déjà l'affiche avec Jamie. C'est assurément une affaire de famille, mais bien plus chouette. Fin du fin, cette fois-ci on tue Michael Myers une bonne fois pour toute en lui arrachant la tête. La boucle est bouclée…