LE FILM DU MOIS
CLOVERFIELD Un film de Matt Reeves
Avec Michael Stahl Davis, Mike Vogel, Lizzy Caplan, Jessica Lucas
Durée : 1h30
Sortie France : 6 Février 2008A force de voir de nombreux blockbusters et autres films de monstres, ne vous est–il jamais arrivé de vous demander ce que vous feriez si vous étiez plongé au cœur de l’action, entre folie destructrice d’un coté et réponse armée désespérée de l’autre ? Réjouissez-vous, c’est ce que Cloverfield va vous proposer de vivre dans le confort d’une salle de cinéma. Mais que cela ne vous rassure pas pour autant.Alors qu’il doit partir au Japon où il a été muté pour combler un poste de vice-président corporatiste, Rob Hawkins rentre un soir, surpris par l’ensemble de ses amis New-Yorkais, lui ayant organisé en douce un pot de départ géant. Mais tandis que la fête bat son plein et que Rob, inlassablement filmé par son meilleur ami Hud, est en pleine crise de conscience concernant ses sentiments pour la belle Beth, un violent choc secoue toute l’île de Manhattan. Paniqué, le groupe se rend sur le toit pour être témoin d’une incroyable explosion, détruisant de nombreux immeubles. Tentant de fuir les lieux, ils se rendent rapidement compte la ville est sous le coup non pas d’une attaque terroriste, mais de l’assaut d’une créature géante à l’origine inconnue.
Désireux de créer un pendant américain original au célèbre Godzilla, ce après une visite au pays du soleil levant, le producteur JJ Abrams (bien connu pour avoir été l’instigateur des séries Lost et Alias), a mis en chantier en Février 2007 un nouveau film de monstre avec un concept un peu particulier et inédit pour le genre : contrairement aux récents blockbusters que sont King Kong et Godzilla, le métrage devra cette fois se concentrer, via l’œil d’un cameraman amateur, non pas sur la créature et les « héros » la mettant à mal, mais plutôt sur le quidam subissant l’attaque et sur les drames en résultant. Annoncé depuis le mois de Juillet dernier comme LE nouveau projet du monsieur, les diverses images et rumeurs ne laissaient cependant pas filtrer grand-chose ni sur la bestiole ni sur la direction que devait prendre le projet.

C’est donc avec des yeux neufs que l’on découvre le métrage, et autant dire que le choc en est d’autant plus grand. Le film débute ainsi avec un avertissement du gouvernement américain stipulant que les images projetées font partie d’une cassette DV retrouvée sur un lieu dévasté auparavant dénommé Central Park. Un avant goût apocalyptique, donc, alors que la tendresse des premiers plans (un couple au réveil), fera vite place à la frénésie d’images prises par un manchot de la camera, supposé filmer le déroulement de la soirée. Passé le mal de crane occasionné par des images mal cadrées, un montage erratique et les préoccupations personnelles de celui-ci (également intéressé par une donzelle présente à la fameuse soirée), le cataclysme s’enclenche et l’on plonge tout entier dans une catastrophe à l’échelle gargantuesque. Une descente aux enfers immersive s’il en est, étant donné que le concept de départ (on ne visionnera que le contenu de la caméra perdue, sans autres inserts ou plans d’ensembles) est respecté de bout en bout.