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Le Mois De Mars 2008 Au Cinema [page 4]

Par La Rédaction - publié le 27 mars 2009 à 01h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h09 - 0 commentaire(s)


NOTULES: AVIS DE LA REDACTION SUR LES FILMS
Ce que l'on pense réellement des films, sans langue de bois.



THE DEAD GIRL
Un film de Karen Moncrieff
Avec Toni Collette, Brittany Murphy, Marcia Gay Harden
Durée : 1h25
Date de sortie : 05 mars 2008

On l’apprend vite: le corps d’une jeune femme a été retrouvé aux portes de Los Angeles. Cette mort va bouleverser la vie de cinq personnes. A savoir cinq femmes. Une, oppressée par sa maman nécessiteuse, qui découvre par hasard le cadavre errant (l’étrangère) ; une, désemparée, qui tente de savoir si le corps retrouvé est celui de sa frangine disparue (la sœur) ; une qui pense que son mari est l’assassin potentiel (l’épouse) ; une qui mène l’enquête pour se réconcilier secrètement avec sa fille (la mère) ; une dernière (la «dead girl» du titre) qui n’a pas la vie qu’elle aurait voulu avoir et préférerait être morte. Cinq points de vue pour résumer la sarabande hoquetante de The Dead Girl, second long métrage de la réalisatrice Karen Moncrieff. Et c'est hélas un peu too much pour une histoire aussi balourde. Bon, les avis sont partagés à la rédaction entre les très pour (David Brami, défenseur de la veuve et de l'orphelin) et les très contre (Alex Masson qui vous dira que "les bons pilotes de série télé ne font pas de bons films").

SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ!
Be kind Rewind
Un film de Michel Gondry
Avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow, Melonie Diaz…
Durée : 1h34
Sortie : 05 Mars 2008

Un homme dont le cerveau devient magnétique efface involontairement toutes les cassettes du vidéoclub dans lequel l'un de ses amis travaille. Afin de satisfaire la demande de la plus fidèle cliente du vidéoclub, une femme démente, les deux hommes décident de réaliser les remakes des films effacés parmi lesquels "Retour vers le Futur", "Le Roi Lion" ou "Robocop". Voilà pour l'histoire. De l'avis général, ce nouveau film est une légère déception. Michel Gondry devrait peut-être un peu grandir et arrêter de se raconter des histoires. Au risque de tomber dans la miévrerie. Alors oui, le film se laisse gentiment regarder et la déclaration d'amour au septième art est très attachante. Mais ceux qui avaient adoré Eternal sunshine of the spotless mind et La science des rêves risquent de tomber de haut et de ne pas partager cet enthousiasme. Un membre de la rédaction - le plus méchant - va jusqu'à faire une comparaison pas sympa entre Mia Farrow et Suzanne Flon dans les films de Jean Becker. Comme dirait Françoise de Panafieu: "celui qui a osé dire ça est un putain de tocard".

MAD DETECTIVE
Réalisé par Johnnie To, Wai Ka-Fai
Avec: Lau Ching Wa, Andy On, Lam Ka-Tung, Kelly Lin
Durée : 1h29
Sortie le 5 Mars 2008

Tandis qu’il patauge dans une enquête difficile impliquant la disparition d’un collègue et l’utilisation de son arme dans une série de braquages sanglants, l’inspecteur Ho se décide à demander de l’aide à son ancien supérieur, Bun, pour lequel il a toujours eût le plus grand respect. Forcé à la retraite à cause des méthodes peu orthodoxes qu’il utilisait pour résoudre ses enquêtes et lui ayant coûté sa santé mentale, Bun reprend alors rapidement du service, mais non sans éveiller un doute certain chez Ho, déclarant qu’il a la capacité de voir l’âme des gens et les esprits qui l’habitent. Allez tout le monde est d'accord: ce petit Johnnie To est un grand cru. Le cinéaste que beaucoup considéraient jusque là comme un formaliste doué retrouve son collègue Wai Ka-Fai (FullTime Killer entre autres) pour le meilleur. Certains de nos journalistes un peu torturés murmurent dans les couloirs de la rédac qu'il s'agit d'un croisement entre Tsui Hark, Donnie Darko et Les chansons d'amour. Et la moquette, tu vas arrêter de la fumer?

MR 73
Un film d’Olivier Marchal
Avec Daniel Auteuil, Olivia Bonamy, Gérald Laroche, Catherine Marchal, Francis Renaud, Guy Lecluyse, Philippe Nahon…
Durée : 2h04
Date de sortie : 12 mars 2008

Après la surprise 36 quai des orfèvres, Olivier Marchal n’avait qu’une obsession : « ne pas décevoir ». L’auteur/réalisateur savait que son nouveau film serait attendu au tournant et qu’il lui faudrait une fois de plus tout remettre à plat. Heureusement, refusant de se reposer sur ses lauriers, l’homme qui a sauvé le polar français a choisi de radicaliser son propos tout en restant fidèle à son univers et à sa démarche. Résultat : MR-73, le dernier volet de sa trilogie sur la police, est un polar funèbre et humain, une virée désespérée dans les égouts de l’humanité, à la recherche d’une ultime étincelle de vie. Certains regrettent que Marchal en fasse un peu trop ou donne trop d'importance à la forme - et pas assez au fond. Mais tout le monde s'accorde pour dire que c'est quand même mieux que 36, quai des orfèvres. Qui était déjà pas mal. Olivier, en progrès.

MISTER LONELY
Un film d'Harmony Korine
Avec Diego Luna, Samantha Morton, Denis Lavant
Durée : 1h51
Date de sortie : 12 Mars 2008

On n’avait plus de nouvelles de lui depuis Gummo, Julien Donkey-Boy et ses collaborations scénaristiques avec Larry Clark (Kids & Ken Park). Au dernier festival de Cannes – où il a reçu une ovation –, le chouchou Harmony Korine, aujourd’hui la trentaine, est venu présenter Mister Lonely, une comédie désinvolte qui en apparence se situe loin de la fureur noire de ses productions passées. Ce qui semble trancher avec sa prédilection pour les portraits d’adolescents qui donnent l’impression d’avoir déjà tout vécu (ou plutôt d'être déjà dégoûtés avant d’avoir vécu). En apparence, seulement. Ceux qui pensent voir un apaisement inattendu ont tort. Romain adore parce que la difficulté d’être marginal ou simplement différent dans un monde dénué de fantaisie, ça le passionne. Les autres, pas vraiment. Donc on a mis trois étoiles pour lui faire plaisir mais de l'avis de tout le monde, ça mérite moins.

A BORD DU DARJEELING LIMITED
Un film de Wes Anderson
Avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman
Durée : 1h31
Date de sortie : 19 mars 2008

Trois frangins partent en Inde à la recherche de leur môman. Bon allez, crachons le morceau: c'est carrément moins bien que les autres films de Wes Anderson. D'autant qu'il y a quelques faiblesses dans la narration et des trucs de magiciens que l'on connaît trop bien. Mis à part ça? Une belle histoire, touchante et simple comme tout, qui fait du bien par là où elle passe. Laurent Tity s'est d'ores et déjà empressé d'acheter la bande-son (le seul élément qu'il aime dans le film). Les autres? Ils finissent leur café en discutant de tout et principalement de rien (qui est le vainqueur de la Star Ac? Est-ce que tu arrives à imiter Jeanne Moreau un lendemain de beuverie?). En gros donc, un film sympa mais sans plus!

LE NOUVEAU PROTOCOLE
Un bûcheron apprend que son fils est mort dans un accident de voiture, mais refuse cette fatalité. Il s’avère rapidement que le disparu servait de cobaye volontaire à une société pharmaceutique et que celle-ci n’est visiblement pas étrangère à cette mort suspecte. On le voit, le troisième film de Thomas Vincent fonctionne selon le schéma bien connu qui consiste à opposer le pot de fer au pot de terre, en l’occurrence une multinationale opaque et un citoyen en quête de vérité. Par sa thématique, Le nouveau protocole n’est pas sans évoquer dans son propos l’adaptation par Fernando Meirelles de The Constant Gardener de John Le Carré. Mais les bons sentiments ne font pas nécessairement des grands films, même si Costa-Gavras ou Yves Boisset ont engendré trop peu d’émules dans un cinéma français qui ne cesse aujourd’hui de se débattre entre grosses productions désincarnées et films d’auteur fauchés, sans jamais établir de pont réel entre cinéma de divertissement et œuvres à thèse, comme c’est régulièrement le cas à Hollywood. Selon Alex, ce film va foutre la honte à Canet et son Ne le dis à personne. Ah ouais? Bah ouais.

BLACK SHEEP

Un film de Jonathan King
Avec Nathan Meister, Peter Feeney, Oliver Driver
Durée : 1h27
Date de sortie: 19 mars 2008

Suite à un traumatisme remontant à l'enfance, Henry a une peur bleue des moutons. Lorsqu'il se rend à la ferme familiale pour céder ses parts à son frère, il se retrouve au beau milieu du pire de ses cauchemars : les moutons attaquent ! Oser se lancer dans une histoire de moutons tueurs relève non seulement du défi, mais presque de l’inconscience. C’est pourtant le pari que Jonathan King gagne haut la main, grâce à un second degré assumé et une propension à déverser des hectolitres d’hémoglobine sans la moindre hésitation. Partant d’un concept déjà vu (les modifications génétiques transformant des êtres inoffensifs en bêtes sauvages), le réalisateur utilise avec malice le ridicule de la situation. Black Sheep se moque avant tout de lui-même, et invite ouvertement à la rigolade, démontrant à grands coups de scènes improbables et délicieusement stupides que ce n’est que du cinéma. Mais la joyeuse légèreté du récit ne doit pas faire oublier qu’il s’agit également d’un film d’épouvante. Les scènes d'anthologie s'enchaînent, rivalisant de vulgarité, d'humour et de violence. Tout cela sans jamais choquer puisque dans ce genre de films, pour parler simplement, il faut bien admettre que "plus c'est con plus c'est bon". Ces paroles n'engagent que son auteur: Laurent Tity. Les autres n'aiment pas. Voire même pas du tout. Mais on avait envie de faire plaisir au père Lolo.

BEN X
Un film de Nic Balthazar
Avec Greg Timmermans, Marijke Pinoy, Laura Verlinden, Titus De Voogdt, Maarten Claeyssens, Pol Goossen
Durée : 1h30
Date de sortie : 19 Mars 2008

Adolescent de 17 ans, Ben investit la majeure partie de son temps libre dans Archlord, un jeu vidéo en ligne situé dans un univers persistant. Incarnant le surpuissant guerrier Ben X, il y voyage avec Scarlite, sa compagne de jeu qu’il ne connaît que virtuellement. Mais tout habile qu’il est dans ce monde, Ben est dans la réalité une jeune homme vivant enfermé dans sa tête car atteint d’une forme d’autisme qui lui permet, certes, d’être assez autonome pour suivre une scolarité normale, mais qui occasionne chez certains de ses camarades une raillerie et un harcèlement qui va bientôt devenir insupportable. Malgré une bonne idée de départ, le résultat sombre malheureusement dans le plaidoyer gentil et mièvre. Too bad.

J’AI TOUJOURS REVE D’ETRE UN GANGSTER
Un film de Samuel Benchetrit
Avec : Anna Mouglalis, Edouard Baer, Jean Rochefort, Laurent Terzieff, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini, Roger Dumas, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivière, Selma El Mouissi, Gérald Laroche, Gabor Rassov
Durée : 1h 48
Date de sortie : 26 Mars 2008

Un malfrat à la petite semaine tente sans succès de braquer une serveuse, apprentie braqueuse elle aussi. Deux gentils bougres sans le sou s’essayent avec maladresse au kidnapping et se retrouvent avec une adolescente suicidaire sur les bras. Deux légendes de la chanson anciennement dans le vent se croisent un soir et tentent de converser au milieu des démons du passé. Un groupe d’anciens criminels se réunit après une longue période pour célébrer l’un d’entre eux. Quatre histoires a priori sans rapports, si ce n’est de se croiser et de rappeler un temps où tout était… autre. On va faire simple: David Brami adore. Tous ses petits camarades détestent copieusement et semblent tous d'accord pour dire que l'affiche est ce que le film possède de mieux. Mais pourquoi tant de haine?

3h10 POUR YUMA

Un film de James Mangold
Avec Christian Bale, Russel Crow, Logan Lerman, Dallas Roberts, Ben Foster, Peter Fonda, Gretchen Mol, Alan Tudyk
Durée : 2h02
Date de sortie : 26 Mars 2008

Ancien soldat de la guerre de sécession, Dan Evans tente de vivre paisiblement mais peine à joindre les deux bouts entre le paiement de son terrain que la sécheresse n’a pas épargné et une famille qu’il se doit de nourrir. Alors que l’implacable hors-la-loi Ben Wade, célèbre pour ses méfaits à travers tout le pays, est finalement capturé dans une ville voisine et doit être accompagné au train pénitencier se dirigeant vers Yuma par un effectif amoindri, Dan voit l’opportunité de remonter la pente et d’offrir à ses proches un futur plus noble, tandis qu’une relation particulière va s’installer entre les deux hommes. Mais alors que le chemin vers la fameuse gare de Contention se révèle jonché d’obstacles et que les acolytes de Wade sont à leurs trousses, l’aîné des fils Evans rejoint le convoi porté par une certaine fascination pour le bandit. Dans le genre néo-western, ce film de James Mangold ne démérite pas (la rédaction est unanimement ok dessus). Son seul problème? Une incapacité à égaler l'original qui était... mille fois au-dessus.
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