EXAEQUO - FILM DU MOIS : THE GHOST-WRITER, de Roman Polanski
PAR ROMAIN LE VERN
Ceux qui s'attendaient à une simple illustration du roman de Robert Harris peuvent passer leur chemin. L'intérêt de cette histoire de manipulation entre un nègre littéraire (Ewan McGregor) et un ancien premier ministre sulfureux (Pierce Brosnan) naît tout d'abord du rapport que le spectateur établit entre ce qu'il imagine et ce qu'il voit à l'écran. A l'évidence, Roman Polanski y entretient des liens organiques avec sa filmographie et sa biographie. Sous les oripeaux d'un genre balisé (le thriller politique), il renoue avec ses obsessions thématiques et formelles, entre Kafka et Beckett : le théâtre de l'absurde, la mise en scène des relations maître-esclave, l'humiliation et le meurtre érigés en normes. De la première à la dernière scène, on retrouve tout ce qui constitue l'essence de son cinéma et de ses dérives paranoïaques où le monde se divise entre l'intériorité déréglée et l'extérieur menaçant (...) Dans The Ghost-Writer, il y a Ewan McGregor dans la peau de Roman et Pierce Brosnan dans celle de Polanski. Deux écorces vides de la même espèce, deux jouets de persécution, deux marionnettes dérisoires devenues ombres à travers lesquelles le cinéaste sonde ses tourments personnels, psychologiques, sexuels. Les personnages secondaires qui se répandent autour d'eux s'épuisent dans un nid de vipères en se montrant à la fois inquiétants et grotesques, anges et démons. D'ailleurs, la première partie ressemble à un purgatoire de sens. Préférant laisser couler la bizarrerie dans le plan au lieu de la surligner, Polanski répond au trouble par des questions de mise en scène (choix, durée, mesure, distance). La suite, plus tendue, permet à Polanski d'entrer dans le vif du sujet et de s'intéresser à deux thèmes forts (l'exil et le scandale) en posant une question récurrente chez lui : où peut-on se cacher pour échapper à ses ennemis ? C'est à partir de ce moment que le spectre de Gregor Samsa (La Métamorphose, de Kafka) s'empare du héros qui assiste impuissant à l'effondrement de toutes ses certitudes.
Impossible de ne pas y voir une résonance personnelle.
EXAEQUO - FILM DU MOIS : LE GUERRIER SILENCIEUX/VALHALLA RISING, de Nicolas Winding Refn.
Nombreux sont les cinéastes qui veulent trouver une combinaison possible entre l'auteur et le commercial pour traduire dans un langage accessible des notions complexes ou tordues. C'est le cas de Nicolas Winding Refn qui avec la trilogie Pusher et Bronson a compris que les obstacles au moment de l'écriture, du tournage et du financement stimulent la création. Par exemple, Pusher est devenu une trilogie pour éponger une dette financière et chaque épisode a été nourri par l'angoisse du cinéaste qui ne savait pas comment il allait réussir à s'en sortir. Bronson était à la base un film de commande et NRW l'a réécrit pour brouiller les pistes. En faisant semblant de s'intéresser à une icône virile (le prisonnier autoproclamé "Charles Bronson") pour érotiser son corps et multiplier les références à la culture gay (les poses lascives de l'acteur, l'utilisation d'un morceau de Pet Shop Boys), NRW offrait des restes de Kenneth Anger à un public avide de bastons et de testostérone. C'est son sens du défi et, pour essayer de convaincre les producteurs et conserver son intégrité, il a dû se battre jusqu'au bout. Cela revient à dire qu'en combattant ses démons intérieurs, on parvient toujours à ses fins. C'est la morale de tous ses films jusqu'à présent et le dernier n'échappe pas à la règle. Pendant moins de deux heures, NWR montre la lutte d'un héros mutique (Mads Mikkelsen, son acteur fétiche, découvert dans la trilogie Pusher) contre lui-même. Sur ce coup, il a su capter l'essentiel, invoquer une magie sorcière, enregistrer l'éclat mystique, cerner les cercles de Dante, filmer les paysages rocheux des Highlands écossais comme possédés. Ce voyage d'une âme au cœur des ténèbres ne vient pas à nous mais il importe que l'on vienne à lui. De bout en bout, on est dans un coma, ébloui, en transe, suspendu entre le paradis et l'enfer. Avant la chute sur un tas de cendre.
LES PHRASES DE LA REDAC
Les journalistes s'échangent de ces phrases, parfois ! Voici ce que l'espion de la rédac - on devrait plutôt dire "espionne" a entendu.
« Je me souviens de quand j'ai découvert Hustler... J'avais 12 ans, c'était fabuleux ! » Vincent
« J'écris un texte rigolo ! Ca parle de sadisme, de maternité et de jusqu'au boutisme ! » Vincent
« Antichrist, c'est le film que j'ai le plus offert à Noël... Surtout aux couples. » Vincent
« Allez, avale chérie ! » Anne-Louise
« Pardon ? » Olivier
« J'ai passé 30 minutes à lire les forums sur cette histoire de veau à tête d'homme... c'était très intéressant !! » Vincent, zoophile à ses heures perdues
« Alors, Transformers ça s'écrit : « Trans » comme « Transsexuel » », Laurent, professeur, à Nadège
« Il n'y a pas que les transsexuels qui m'intéressent... Les détournements d'avions aussi ! » Vincent
« Tu caches de la dynamite dans tes talons de drag-queen ? » Anne-Louise
« Mais tu ne peux pas parler de Michael Haneke sans parler de fessées, voyons ! » Vincent à Anne-Louise
« C'est comme celles qui rient pas pour ne pas avoir de rides !!! » Olivier
« J'en suis presque là ! » Magali, 26 ans
« Non, mais moi aussi, quand je mange une banane, j'y pense... » Lucie
« T'as touché mon ressort ! » Vincent à Nicolas
« C'est bien la religion... C'est de la grosse daube ! » Vincent
« Olivier ! Tu peux venir deux secondes ? » Sophie à Olivier
« Si j'ai un bonbon ! » Olivier
« Je ne mettrai pas mes parties entre parenthèses ! » Olivier
« Ca va ? Tu t'es vidée ? » Vincent à Anne-Louise
« Soit tu le fais pour l'argent, soit tu le fais pour l'amitié ! » Nicolas à Laurent
« L'argent !!! » Laurent
« Mes yeux ont tendance à vouloir se faire des mamours ! » Olivier
« Je l'embrasserai le jour où elle partira ! » Nicolas à Olivier à propos d'Anne-Louise
« Embauchez-moi !!!!!! » Anne-Louise
« Je ne sais plus qui je suis... Je vais me faire les ongles ce soir ! » Laurent T.
« Je suis Sherlock Holmes à moi toute seule ! Il manque plus que la pipe, et c'est bon ! » Anne-Louise
« Je me réveillais seulement quand les enfants se transformeraient en monstres. C'était très joli ! » Vincent
« Mais Ouassi, rien que ta présence nous émoustille ! » Vincent
« A un moment, tu atteints l'état de grâce de la lourdeur ! Ca en devient stratosphérique ! » Vincent
« J'aime bien les chiens ! » Vincent, lueur vicieuse dans le regard
« J'adore Beethoven ! Il est tellement cool ! » Vincent, qui parle du saint-bernard, bien sûr...
« Fast & Furious, c'est un peu de la pornographie de bagnole ! » Vincent
« Y'a des joints de culasse qui se lubrifient ? » Olivier, ironique
« On remue les boules ! » Olivier (qui parle de Motus... Si si !!!)
« Moi j'ai un format riquiqui ! » Vincent
« C'est une sonnerie mélancolico-gay ! » Vincent
« Il a dû engager un nègre pour écrire... » Laurent
« Pourquoi un nègre ? Pourquoi pas un chinois, un indien ou un pakistanais ??? « Ouassila
« Tu n'es pas enceinte Laurent ! » Olivier à Laurent
« Si je veux, d'abord ! » Laurent
« Salut Romain ! » Olivier à... Nicolas
« J'aime bien cette boîte ! On parle de se pisser dessus, c'est convivial ! » Vincent
« C'est presque un fantasme de cinéphile de voir Jessica Alba se faire frapper ! » Nicolas
« Tu es aussi saoulant que de l'absinthe ! » Anne-Louise à Romain
« Tu sens la peau douce » Nicolas à Anne-Louise
« Comment vont tes clémentines ? Non, tes mandarines ? Comment ça ?? C'est une oraaaannngeee ?? » Olivier, au téléphone, découvre les fruits orange et ronds
« Vous êtes sexistes ! » Anne-Louise (en parlant des gays)
« Quoiiiii ???? » Vincent, indigné et gay inavoué !
« J'ai fait un point hier... toute seule ! » Sophie
« Le perse, c'est le persan » Vincent, perdu dans les méandres de son imagination
« Ooooooooh t'as des cheveux Laurent !!!!! » L'équipe de Plurielles, qui découvre avec ravissement que, sous ses chapeaux, Laurent Tity a des cheveux !
« Mais X n'est pas dans mon corps, ça se saurait ! » Olivier
« Oh la pauvre ! Elle a son circuit intégré à l'air ! » Vincent
« Mario Kart, c'est un jeu de défonçage ! » Vincent
« Qu'est-ce que j'ai pu me niquer les doigts dessus ! » Olivier
« Dracula, c'est vraiment mes premiers émois érotico-gothique au cinéma » Nicolas, instant confidence
« Je rappelle que je dis 90% de conneries. » Vincent
« Tous les hommes sont faciles ! » Anne-Louise
« Si tu chatouilles bien, oui ! » Vincent
« Rah-rah-ah-ah-ah / Roma Roma-ma / Gaga, ooh lala... » Romain, fan number one de Lady Gaga