Il le confirmait au dernier festival de Sitges : Darren Lynn Bousman a décidé d’arrêter de réaliser les épisodes de la saga
Saw pour se consacrer à d'autres projets dont
Repo! The Genetic Opera, son opéra rock fraîchement accueilli par le public espagnol (plus d’une heure et demi de retard provoquée par la fouille et la lutte contre le piratage). Bousman, qui travaille sur la saga depuis le deuxième volet après avoir gagné la confiance de James Wan et Leigh Whannell, a cédé la place à David Hackl, décorateur sur
Saw 2 et assistant réalisateur de la seconde équipe sur
Saw 3 et 4. La preuve - pas nécessairement rassurante - que
Saw constitue une entreprise où celui qui entre dans l’équipe a la possibilité de gravir des échelons. D’ailleurs, Saw 6 – qui a déjà son scénario – a lui aussi un réalisateur (le monteur Kevin Greutert). Oui mais voilà :
Saw 5 s’annonce sous le signe du renouvellement d’une saga qui commençait sérieusement à perdre de la vitesse après un quatrième volet, tellement alambiqué qu’il en devenait imbitable. Une fois de plus, la discrétion est de mise depuis le tournage qui a débuté le 17 mars à Toronto pour s'achever le 2 mai dernier. Aucune information ne filtre avant la sortie à l’exception d’un petit teaser de moins d’une minute, l’annonce d’un piège redoutable (la tête d’un homme enfermée) et d’une furtive bande-annonce diffusée au Comic-Con de San-Diego. Le jeu de pistes du papy JigSaw continue. Pour combien de temps encore ?
Il est désormais bien loin le temps où les potes James Wan et Leigh Whannell bricolaient leur premier
Saw en développant les prémisses de leur court-métrage, avec trois bouts de ficelle, en seulement 16 jours. Depuis, au gré de suites qui ont amoindri la fascination que l’on pouvait avoir pour cette mécanique (Darren Lynn Bousman a plus ou moins brisé les espoirs en multipliant les erreurs), c’est devenu une véritable industrie qui mise de moins en moins sur son potentiel artistique que sur sa pérennité mercantile (créer à chaque fois l’événement pendant les fêtes d’Halloween pour devenir le rendez-vous habituel des amoureux du genre). Lions Gate a beau être fier de son jouet lucratif,
Saw 4 a fait un moins bon score au box-office américain (31 756 754 dollars de recette sur trois jours) que
Saw 3 qui, lui, totalisait 33 610 391 dollars. C'est le premier signe de faiblesse. En guise de comparaison,
Saw faisait 18 276 468 dollars et
Saw 2, 31 725 652 dollars (
Saw 2, 3 et 4 ont respectivement rapporté 87, 80 puis 63 millions de dollars aux Etats-Unis).
En France, c’est également
Saw 3 qui a le mieux marché en salles, lourdé d’une bonne publicité (ce fut le "premier film" à écoper d’une interdiction aux moins de 18 ans pour des raisons autres que des scènes de sexe). À l'époque, il a été exploité dans le réseau UGC et dans tous les multiplexes de France. Ce qui dans les faits a causé pas mal de soucis aux exploitants. La plupart ont dû engager des frais supplémentaires pour recruter spécialement un employé du type videur afin de décourager les jeunes qui souhaitaient rentrer dans la salle sans avoir l'âge requis. Par ailleurs, des incidents avec dégâts matériels ont été à déplorer dans certaines salles. C’est au passage pour toutes ces raisons et aussi vis-à-vis de son image que UGC a annoncé que, désormais, elle ne passerait plus ces films interdits aux moins de 18 ans. Saw 3 étant déjà rentabilisé sur le marché américain (les films sont tournés avec peu de moyens et cela se ressent le plus souvent), la franchise en France n’avait de toute façon rien à craindre.