Anthony Hopkins est engagé par Ratner, avec qui il vient de tourner
Dragon rouge, pour interpréter Jor-El, le père de Superman. Le metteur en scène cherche un inconnu pour tenir le rôle principal. C’est à ce moment-là que le site américain réputé, Ain’t It Cool News, met la main sur le scénario de J.J. Abrams. Et soudain, c’est le drame. Le manuscrit est descendu en flammes par l’un des rédacteurs du site pour ses choix scénaristiques ridicules ainsi que d’impertinentes infidélités à la bande dessinée. Le fanbase crie au scandale. Une pétition circule sur le net et comprend les signatures de nombreux auteurs de comic books, dont Stan Lee et Kevin Smith. Nous sommes en automne 2002. Suite à ces critiques, plusieurs détails de l’histoire sont changés et ce deuxième jet semble plus convaincant (d’autant plus que la première version comportait son lot de scènes réussies selon même les détracteurs les plus violents). Un communiqué officiel de la Warner annonce la mise en chantier du projet et le début de la pré-production. Alors qu’il a déjà engagé un bon nombre des principaux techniciens, Ratner semble être en mauvais termes avec le studio qui chercherait à le remplacer par Tarsem (
The Cell), Joseph Kahn (
Torque), David McNally (
Coyote Girls), Antoine Fuqua (
Le Roi Arthur) et toujours Michael Bay, pour qui Josh Hartnett (
Pearl Harbor) serait prêt à endosser la cape. Menacé, Ratner vient démentir ces « rumeurs », mais le studio ne croit plus en lui et le fait savoir en mars 2003. L’un des principaux problèmes entre Ratner et la Warner réside dans le choix de l’acteur. Le studio veut une star (comme Hartnett, ou n’importe quel autre minet à avoir été auditionné) tandis que Ratner veut un inconnu (comme le dénommé Matthew Bomer, son favori).
Le tournage est repoussé d’août à novembre 2003 à cause de cette question de casting. Brendan Fraser (
La Momie) et Matthew Bomer semblent être les deux candidats finaux. Le budget serait estimé à 225 millions de dollars mais le studio espère le descendre à 200. Puis le contrat de Ratner expire (Hopkins part avec lui), la Warner se sépare de Fraser et Bomer et relance les auditions. La date de sortie, prévue pour l’été 2004, est repoussé d’un an. La même liste de réalisateurs potentiels réapparaît avec le nom de McG en plus. L’histoire se répète inlassablement et McG fut une nouvelle fois engagé pour mener à bien le projet dont le tournage doit commencer fin 2003 en Australie, puis en juin 2003 au Canada, ou en Angleterre. L’estimation du budget atteint les 265 millions de dollars. Le casting n’avance pas, avec des noms comme Justin Timberlake et Ashton Kutcher étant évoqués. Plusieurs membres de l’équipe quittent le navire suite aux reports sans fin du tournage. McG part également, victime de sa phobie de l’avion, refusant donc de tourner en Australie, loin de chez lui. Il va sans dire que la Warner ne contrôle plus rien. Une opportunité se crée alors pour Bryan Singer qui rencontre Alan Horn, à la tête de la Warner, et lui expose son pitch pour un nouveau
Superman qui n’aura rien à voir avec la mort/résurrection du personnage et ne saura aucunement un
reboot à la
Batman Begins. Son approche se veut on ne peut plus respectueuse du film de Donner et comprend le film comme un «
vague background » à son propre film, reléguant aux oubliettes
Superman III et
IV (et une partie de
Superman II). Peut-être sont-ils éprouvés après tant d’années de galère sur le projet, peut-être Singer s’est-il avéré plus convaincant que tous les autres acteurs de ce triste drame, quoi qu’il en soit, devant l’étonnement général, le projet reçoit le feu vert et le scénario d’Abrams est complètement abandonné. Après tant de déboires, Bryan Singer saura-t-il satisfaire pleinement les fans ? Réponse le 12 juillet.